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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407704

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407704

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407704
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A, un ressortissant sénégalais, qui contestait un arrêté préfectoral du 9 août 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour d'un an. Le requérant invoquait une erreur manifeste d'appréciation et une violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (droit à la vie privée et familiale). Le tribunal a estimé que M. A, présent en France depuis 2015, n'avait pas démontré de liens personnels ou familiaux suffisamment intenses, sa femme et sa fille résidant au Sénégal, et que son activité professionnelle discontinue ne justifiait pas une atteinte disproportionnée à ses droits. En conséquence, l'arrêté préfectoral a été jugé conforme aux stipulations de l'article 8 de la CESDH et au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa situation administrative dans le cadre d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé, le 8 novembre 2024, des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience sur ce litige en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.

Le rapport de Mme Marc a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 3 juillet 1972 à Dendoudy déclare être présent sur le territoire français depuis octobre 2015. Par un arrêté du 9 août 2024, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

3. Si M. A soutient avoir établi des relations amicales en France où il vit depuis neuf ans, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Par ailleurs, il ressort du procès-verbal de son audition par les services de police du 8 août 2024 que l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où vivent sa femme et sa fille, ses frères et sœurs et ses parents. S'il déclare vivre chez son frère à Aubergenville, il n'établit pas que sa présence auprès de lui serait indispensable. Enfin, la circonstance qu'il exerce une activité professionnelle depuis 2019, au demeurant de manière discontinue et en particulier en qualité d'intérimaire, n'est pas à elle seule de nature à justifier de son insertion sur le territoire français ou des liens qu'il y aurait créés. Dans ces conditions, en édictant l'arrêté attaqué, le préfet des Yvelines n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts pour lesquels l'arrêté en litige a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Yvelines aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 9 août 2024 du préfet des Yvelines doit être annulé. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ouardes, président,

Mme Marc, première conseillère,

M. Fraisseix, premier conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

E. Marc

Le président,

signé

P. Ouardes

La greffière,

signé

L. Ben Hadj Messaoud

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2407704

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