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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407717

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407717

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407717
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de Mme B, qui contestait le refus implicite de renouvellement de son titre de séjour. Le juge a relevé qu’aucune décision implicite n’avait pu naître à la date alléguée, la demande de titre ayant été déposée postérieurement. En tout état de cause, aucun des moyens soulevés n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. La demande a été rejetée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Akhzam, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite portant refus de renouvellement de son titre de séjour née du silence de l'administrative le 4 octobre 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer une carte de résident dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à venir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'urgence est présumée, s'agissant d'une demande de renouvellement ; par ailleurs la décision en litige a de lourdes conséquences sur sa situation dans la mesure où privée de ressources, elle ne pourra plus subvenir à ses besoins puisque son employeur a suspendu son contrat de travail ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle était titulaire d'une carte de résident de 10 ans, qu'elle n'est pas mariée et ne vit pas en état de polygamie et qu'elle n'a jamais quitté le territoire français pour une durée de plus de 3 années consécutives.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- une décision implicite de rejet ne peut être née le 5 octobre 2023 dès lors que la requérante a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 14 octobre 2023 ;

- le conseil de la requérante a reçu une convocation pour le 27 septembre 2024 afin de faire renouveler le récépissé ;

- la demande de la requérante nécessite une attention particulière au vu de ses antécédents judiciaires.

Vu :

- La requête au fond enregistrée sous le n° 2407717 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 24 septembre 2024 à 15h, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, M. Ouardes a lu son rapport son rapport et entendu :

- les observations de Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15h21.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite portant refus de renouvellement de son titre de séjour.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.".

3. D'une part, comme le fait valoir le préfet des Yvelines dans son mémoire en défense, une décision implicite de rejet ne peut être née le 5 octobre 2023 dès lors que la requérante a déposé sa demande de titre de séjour le 14 octobre 2023.

4. D'autre part, en l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute quant à la légalité de la décision en litige.

5. Il suit de là que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, au ministre de l'intérieur.

Copies en seront adressées aux préfets de l'Oise et des Yvelines.

Fait à Versailles, le 30 septembre 2024,

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Ouardes S. Paulin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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