mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Diarra, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne ou au sous-préfet de Palaiseau, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de le convoquer en préfecture pour le dépôt de son dossier et de lui délivrer un récépissé ou de débloquer son compte ANEF pour lui permettre de déposer son dossier, et de lui délivrer une attestation de prolongation le plaçant en situation régulière, sans délai, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou en tout état de cause de débloquer son compte ANEF ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour à temps, qu'il risque de perdre ses contrats de prestation et qu'il est maintenu en situation irrégulière ; il est exposé à un risque d'éloignement ; son compte ANEF est bloqué et ses démarches restent vaines ;
- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant rwandais, né le 28 décembre 1990, a Nyamabuye-Muhanga, le 29 décembre 2023, a présenté sur la plateforme de téléservice " démarches simplifiées " de la préfecture de l'Essonne, une demande de rendez-vous en vue de déposer son dossier de renouvellement de titre de séjour. N'ayant reçu aucune réponse de la préfecture, il demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne ou au sous-préfet de Palaiseau, de le convoquer pour déposer son dossier et de lui délivrer un récépissé ou de débloquer son compte ANEF et de lui délivrer une attestation de prolongation.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Il résulte de l'instruction qu'eu égard aux difficultés rencontrées par les ressortissants étrangers pour déposer leur demande de titre de séjour, en l'absence de plages horaires libres pour la prise de rendez-vous sur le site internet de la préfecture, le préfet de l'Essonne a mis en place une nouvelle procédure, à compter du 15 novembre 2021, qui permet aux ressortissants étrangers souhaitant demander leur admission exceptionnelle au séjour de déposer un dossier succinct en créant un compte " démarches simplifiées " sur le site de la préfecture, qui leur propose ensuite un rendez-vous pour déposer l'ensemble de leur dossier, suivant la date de dépôt des demandes.
6. En l'espèce, M. B a déposé, le 29 décembre 2023 ainsi que cela ressort des mentions de l'attestation de prolongation d'instruction versée au dossier, son dossier de demande de renouvellement de son titre de séjour via la procédure " démarches simplifiées ", lequel était expiré depuis le 26 octobre 2023, de sorte que sa demande, contrairement à ce qu'il soutient, n'a pas été déposée dans les délais requis. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que sa demande a fait l'objet le 27 mai 2024 d'une décision de clôture au motif qu'il n'avait pas présenté un dossier complet, ce qu'il ne conteste ni par ses écritures ni par les pièces versées au dossier. Ainsi, le requérant n'ayant pas accompli à temps les diligences nécessaires, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées ne saurait être regardée comme étant satisfaite.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er r : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.
La juge des référés,
signé
E. Marc
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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