mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407752 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | L.V.I AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2024, Mme B D et M. E A, représentés par Me Salon, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 30 août 2023 par laquelle le maire de la commune du Vésinet a délivré à M. C F un permis de construire n° PC 78650 23 G0014 ayant pour objet la surélévation de sa maison d'habitation située 45 allée de la Meute sur le territoire de cette commune ainsi que la suspension de la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune du Vésinet et de M. F la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L 600-3 du code de l'urbanisme ; par ailleurs ni le pétitionnaire ni l'autorité qui a délivré le permis ne font état de circonstances particulières au sens de cet article ;
- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
Sur la légalité externe :
. en premier lieu, le permis de construire en litige est entaché d'un vice de forme au regard des prescriptions de l'article 4 de l'arrêté du maire du 1er décembre 2022 en ce qu'il n'est pas précédé de la formule " par délégation du Maire " ;
. en deuxième lieu, le permis de construire en litige a été délivré sur la base d'un dossier irrégulièrement composé dès lors que le pétitionnaire a omis de renseigner la rubrique 7 " informations pour l'application d'une législation connexe " du formulaire Cerfa prescrit par l'article A. 431-4 du code de l'urbanisme alors que le projet querellé est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ce qui méconnaît l'article R. 431-14 de ce code ; en outre, la notice PCMI4 n'indique pas l'ensemble des matériaux de certains des éléments nécessaires à la réalisation de la construction comme les gouttières et descentes pluviales ou les portes palières et d'accès au jardin ; rien n'est précisé quant aux procédés de traitement des façades auquel le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine valant site patrimonial remarquable consacre des dispositions spécifiques ; ni le plan de masse de la construction existante ni celui de la construction projetée ne sont cotés en trois dimensions en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme et cette carence ne saurait être palliée par la comparaison entre les plans en coupe avant et après travaux, ni par les plans des façades joints au dossier de la demande de permis ; les plans de la façade Sud ne renseignent pas la hauteur de la toiture en tout point de la construction projetée notamment des parties du toit situées en limite séparative ou les plus proches de la limite séparative avec leur propriété, ce qui ne permet pas de vérifier le respect de l'article UF 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ; contrairement aux indications fournies dans la notice architecturale, les plans en coupe " AA " des constructions existantes et projetées font état d'un accroissement de l'emprise au sol de la construction projetée alors que celle de la construction existante représente déjà par rapport à l'ensemble du terrain un taux de 41,52% excédant celui de 30% prescrit en secteur UFb par l'article UF 9 du règlement du plan local d'urbanisme ; le plan des façades Sud-Est et Nord-Est ainsi que le document graphique joints à la demande de permis omettent de mentionner l'échelle extérieure d'accès au comble et le châssis du toit situés sous cette échelle ; ce châssis de toit n'est pas représenté sur le plan des toitures existantes tout comme la baie existante sur la façade Nord-Est et la dissimulation de cet élément architectural n'a pas permis à l'administration d'apprécier le respect de la partie II du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine applicable dans le " secteur 2 : Le quartier résidentiel " et l'omission de la baie a affecté le calcul des prospects ; le document graphique méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme en ce qu'il ne constitue qu'un croquis stylisé représentant les constructions et éléments paysagers dans des proportions approximatives et donnant un effet d'arrondi à l'alignement du terrain d'assiette sans rapport avec la réalité ; ce croquis ne renseigne pas la proximité de leur propriété ; les persiennes métalliques repliables en tableaux ne sont pas représentées ;
. en troisième lieu, l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France a été irrégulièrement émis car si l'en-tête du dossier de demande de permis de construire en litige mentionne que la demande a été déposée le 11 avril 2023, il ressort du dossier que le formulaire Cerfa, la notice architecturale et les plans ont été déposés le 15 juin 2023 ;
. en quatrième lieu, le permis de construire attaqué a été délivré en méconnaissance des dispositions des articles L. 421-3, L. 451-1, R. 421-28 et R. 431-21 du code de l'urbanisme et de l'article L. 631-1 du code du patrimoine à défaut pour le pétitionnaire d'avoir mentionné qu'il entendait solliciter l'autorisation de démolir une partie de la construction existante, à savoir l'appentis accolé à la construction existante ;
Sur la légalité interne :
. en premier lieu, le maire a entaché son arrêté d'une erreur de droit en ne faisant pas application de la jurisprudence Thalamy car seule l'avancée de la maison existante formant bow-window a été autorisée sauf à démontrer que la construction initiale a été réalisée antérieurement à l'adoption du " règlement des servitudes " du 25 juillet 1937 ; il appartenait donc au pétitionnaire de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant non seulement sur les modifications envisagées à la construction existante mais également sur l'ensemble du bâtiment édifié sans permis ainsi que des modifications apportées ;
. en deuxième lieu, les dispositions de l'article UF 7 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues car une extension par surélévation dans le prolongement des murs d'un bâtiment existant implanté en limite séparative ou dans un retrait moindre que ceux fixés par cet article doit être également limitée à 30% de l'emprise au sol de la surface déjà construite dans la marge de retrait ; or, le calcul de la marge de retrait auquel s'est livré le pétitionnaire est erroné dès lors que le total des marges latérales doit être réparti de façon égale de part et d'autre de la construction, soit 2,56 mètres et non 4 mètres de sorte que l'emprise de la construction existante dans la marge de retrait s'établit à 40 m2 autorisant une extension maximale dans les retraits de 12 m2; la surface maximale constructible ne pouvait ainsi excéder 18 m2 dont 12 m2 dans les retraits ; si le tribunal était amené à écarter cette interprétation, ils sont fondés à exciper de l'illégalité des dispositions approuvées le 3 mai 2017 comme le 13 février 2014 à l'encontre du permis attaqué comme entachées d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elles autoriseraient une dérogation manifestement excessive au principe d'interdiction de construction sur la limite séparative et dans la marge de retrait ; la déclaration d'illégalité aurait pour effet de remettre en vigueur le plan d'occupation des sols de la commune approuvé le 27 mars 1979 et révisé le 24 février 1992 conformément à l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme ; or, dans le secteur UHc où se situait la parcelle d'implantation du projet en litige, le règlement de ce plan exigeait une distance minimale de 4 mètres par rapport aux limites séparatives alors qu'en l'espèce elle est de 3,2 mètres ;
. en troisième lieu, le projet attaqué méconnaît l'article UF 12 du règlement du plan local d'urbanisme car la seconde place de stationnement extérieure n'apparait pas ;
. en quatrième lieu, le projet attaqué méconnaît l'article UF 11 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine puisqu'avec la surélévation la construction n'est pas en harmonie avec les constructions voisines, le dernier niveau ne pouvant être qualifié de comble ;
. en cinquième lieu, les dispositions du point 4.2 de l'article UF 11 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues car le PVC est proscrit pour les clôtures ;
. en dernier lieu, l'article 5.3.3 du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine a été méconnu car quatre châssis de toit sont prévus alors que rien n'indique que l'obligation d'alignement vertical ne s'appliquerait pas lorsque la façade en cause ne comporte pas d'ouverture.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 26 septembre 2024, Mme B D et M. E A, représentés par Me Salon, demandent au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution du permis de construire modificatif n° PC 78650 23 G0014 M01 du 4 septembre 2024, ainsi que du permis de construire du 30 août 2023 tel que modifié par le permis de construire modificatif du 4 septembre 2024.
Ils soutiennent que :
- compte tenu de son intégration dans le permis de construire initial les motifs avancés pour justifier de la condition d'urgence sont également valables en ce qui concerne le permis modificatif ;
- s'agissant du doute sérieux :
. en premier lieu, sur le terrain de la légalité externe, le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article 4 de l'arrêté du maire du 1ier décembre 2022 subsiste ; il en est de même du moyen tiré de la composition irrégulière du dossier ;
. en deuxième lieu, sur le terrain de la légalité interne, le permis de construire modificatif est sans impact sur la méconnaissance de la jurisprudence Thalamy qui affecte le permis de construire initial ; il en est de même s'agissant du vice tenant à la méconnaissance de l'article UF 7 du PLU de la commune ainsi que du moyen tiré à titre subsidiaire, par voie d'exception, de l'illégalité du point 4 de cet article ; de la même manière les modifications apportées à l'aspect extérieur ne sont pas de nature à régulariser le projet au regard de la méconnaissance des dispositions combinées de l'article UF 11 du règlement du PLU et du règlement de l'AVAP valant SPR ;
. il existe, par ailleurs, des vices propres au permis de construire modificatif du 4 septembre 2024 :
. sur la légalité externe, il est entaché du même vice de forme tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article 4 de l'arrêté du maire du 1ier décembre 2022 ;
. sur la légalité interne : la méconnaissance des prescriptions de l'article UF 12 subsiste quant aux places de stationnement ; la modification des portails de la clôture sur rue méconnaît les prescriptions des articles UF 3 et UF 11 du règlement du PLU ainsi que les articles 2.1.4 et 2.1.5 de la partie I secteur 2 du règlement de l'AVAP valant SPR ; les nouveaux châssis de toit prévus par le permis modificatif contreviennent aux dispositions de l'article 5.3.4 du règlement de l'AVAP valant SPR relatif aux constructions existantes ; le permis modificatif souffre des mêmes critiques que le permis initial au regard de l'article UF 11 du règlement du PLU relatif à l'aspect des constructions ; les portes d'entrée dont le permis modificatif autorise l'installation ne sont pas conformes aux exigences du point 5.2 de la partie 2, secteur 2, du règlement de l'AVAP valant SPR ; l'accroissement de la surface de plancher créée autorisée par le permis modificatif caractérise une méconnaissance de l'article UF 14 ; l'importance excessive de l'extension de 53 m2 se traduit également par une méconnaissance des dispositions communes du règlement du PLU.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, la commune du Vésinet, représentée par Me Lamorlette, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 3000 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la légalité externe :
. en premier lieu, la circonstance que la signataire de l'arrêté n'aurait pas fait précéder sa signature de la mention " par délégation du maire " n'est pas de nature à l'entacher d'illégalité dès lors que l'arrêté litigieux vise explicitement l'arrêté du maire en date du 1ier décembre 2022 portant délégation de fonctions et de signature à Mme G ;
. en deuxième lieu, s'agissant des lacunes, contradictions et insuffisances entachant le dossier, si le défaut de renseignement de la rubrique 7 du formulaire Cerfa n'est pas contesté, il ressort toutefois de l'arrêté contesté que l'architecte des bâtiments de France a bien été consulté et a d'ailleurs émis un avis favorable de sorte que la lacune affectant le formulaire Cerfa n'a eu aucune incidence sur la régularité de l'instruction de la demande de permis de construire ; il n'est pas démontré que l'absence au dossier de la notice prévue à l'article R 431-14 du code de l'urbanisme a été de nature à induire en erreur le service instructeur sur l'impact du projet au titre du site patrimonial remarquable de la commune du Vésinet ; s'agissant des vices affectant le dossier de demande de permis de construire, le dossier de demande de permis modificatif ainsi que les plans de masse de l'état existant et de l'état projeté sont désormais côtés dans les trois dimensions de même que l'ensemble des plans de coupe et des quatre façades ; il ressort des deux plans de masse de l'état existant et de l'état projeté figurant au dossier de demande de permis de construire modificatif que l'emprise au sol reste inchangée à 142 m2 ; il n'est pas expliqué en quoi la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne représente pas une échelle extérieure d'accès aux combles aurait pu nuire à la bonne compréhension du projet et à l'instruction du dossier ; en droit il est admis que le document graphique puisse être constitué d'un simple croquis et la contestation manque également en fait sur ce point ; par ailleurs le croquis représente fidèlement l'état environnant existant ; si le dossier de permis de construire modificatif ne comporte aucune allusion aux persiennes métalliques mentionnées au sein de la notice architecturale du dossier du permis de construire initial, c'est parce qu'aucune modification n'est faite au projet initial à ce titre ; il suit de là qu'aucune critique au titre de la composition du dossier de demande de permis de construire, tant initial que modificatif, n'est fondée ;
. en troisième lieu, le moyen tiré de ce que le permis de construire serait entaché d'un vice de procédure au motif que l'ensemble des plans et documents composant le projet architecturel auraient été déposés postérieurement à l'avis de l'architecte des bâtiments de France manque en fait ; au surplus l'instruction de la demande de permis de construire modificatif a donné lieu à une nouvelle consultation de l'architecte des bâtiments de France, lequel a émis un nouvel avis le 19 juillet 2024 ;
. en quatrième lieu, s'agissant de l'absence de volet démolition, le moyen ne pourra qu'être écarté dès lors qu'il ressort du plan de masse-état projeté figurant au dossier de demande de permis modificatif que l'abri existant au droit de la limite sud-ouest du terrain sera conservé de sorte que le moyen manque en fait ;
. en cinquième lieu, s'agissant de la régularisation de " modules " édifiés sans autorisation, la construction des trois modules était dispensée de la délivrance d'un permis de construire en application de l'article R 422-2 du code de l'urbanisme en vigueur avant le 1ier octobre 2007 et dès lors que ces modules ont été édifiés plus de dix ans avant le dépôt de la demande de permis de construire par M. F, ces modules doivent être regardés comme réguliers ;
Sur la légalité interne :
. en premier lieu, en ce qui concerne la violation de l'article UF 7 du règlement du PLU, rien ne permet d'affirmer que l'emprise au sol de la maison existante n'est pas été modifiée à la faveur des travaux autorisés par le permis de construire ;
. en deuxième lieu, sur l'exception d'illégalité du paragraphe 4 de l'article UF 7 du règlement du PLU, dès lors que le projet de surélévation de sa maison par M. F n'a aucune incidence sur l'emprise au sol de la construction existante, l'éventuelle illégalité de la règle permettant une extension de l'emprise existante dans une limite de 30 pour cent au sein de la marge de retrait par rapport aux limites séparatives est sans incidence sur la légalité du permis de construire ;
. en troisième lieu, en tout état de cause, la notice architecturale mentionne l'existence de 2 places de stationnement dont une dans le garage ; le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 12 du règlement du PLU ne peut qu'être écarté ;
. en quatrième lieu, s'agissant de la violation de l'article UF 3 du règlement du PLU, ni le permis de construire initial ni le permis de construire ne prévoient de créer un second accès, les deux accès existant à la date du demande du permis de construire initial ; par ailleurs la largeur doit s'apprécier pour chaque accès et non en cumul ;
. en cinquième lieu, s'agissant de la violation de l'article 2.1.4 du règlement du SPR, en tout état de cause, si le portail est réalisé en ferronnerie il reste qu'il s'inscrit dans l'aspect de la clôture résultant tant de l'emploi d'un système de barreaudage vertical resserré que de la hauteur uniformisée ;
. en sixième lieu, s'agissant de la violation des règlements du PLU et du SPR au titre de l'aspect extérieur de la surélévation projetée, contrairement à ce qui est soutenu, le dernier niveau ne comporte pas un étage plein sous la partie haute de la charpente et la surélévation s'accompagnera d'une harmonisation des percements ; les volets battants supprimés dans le permis modificatif ne participent pas des éléments caractéristiques de la maison existante ; leur suppression et remplacement par des persiennes permettra au contraire d'harmoniser l'ensemble des fermetures de la maison ; la règle prévue à l'article 5.2 du règlement du SPR n'est pas applicable en l'espèce dès lors qu'elle n'a pas vocation à s'appliquer aux constructions existantes ;
. en septième lieu, s'agissant de la violation de l'article 5.3.4 du règlement du SPR au titre des châssis de toit, le moyen manque en droit et en fait ;
. en huitième lieu, s'agissant de la violation de l'article UF 14 du règlement du PLU, le moyen manque en fait, les requérants se bornent à affirmer que la surface de plancher serait de 82,27 m2 et non pas 76 m2 ainsi que l'indique le formulaire Cerfa sans justifier des modalités de leurs calculs ; au demeurant en se référant aux plans établis en 1942 et 1956 ils ont faussé leurs calculs puisqu'en 1951 la superficie des locaux n'était pas calculée en surface de plancher ; c'est tout aussi péremptoirement qu'ils affirment que le sous-sol développerait une surface de plancher de 20 m2 ;
. en neuvième lieu, s' agissant de la violation d'une limite d'extension de l'emprise au sol, les requérants ont omis de prendre en compte l'emprise au sol aussi bien le garage que la terrasse pour ne retenir que celle de la maison seule.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, M. F, représenté par Me Lamorlette, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 3000 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la légalité externe :
. en premier lieu, la circonstance que la signataire de l'arrêté n'aurait pas fait précéder sa signature de la mention " par délégation du maire " n'est pas de nature à l'entacher d'illégalité dès lors que l'arrêté litigieux vise explicitement l'arrêté du maire en date du 1ier décembre 2022 portant délégation de fonctions et de signature à Mme G ;
. en deuxième lieu, s'agissant des lacunes, contradictions et insuffisances entachant le dossier, si le défaut de renseignement de la rubrique 7 du formulaire Cerfa n'est pas contesté, il ressort toutefois de l'arrêté contesté que l'architecte des bâtiments de France a bien été consulté et a d'ailleurs émis un avis favorable de sorte que la lacune affectant le formulaire Cerfa n'a eu aucune incidence sur la régularité de l'instruction de la demande de permis de construire ; il n'est pas démontré que l'absence au dossier de la notice prévue à l'article R 431-14 du code de l'urbanisme a été de nature à induire en erreur le service instructeur sur l'impact du projet au titre du site patrimonial remarquable de la commune du Vésinet ; s'agissant des vices affectant le dossier de demande permis de construire, le dossier de demande de permis modificatif ainsi que les plans de masse de l'état existant et de l'état projeté sont désormais côtés dans les trois dimensions de même que l'ensemble des plans de coupe et des quatre façades ; il ressort des deux plans de masse de l'état existant et de l'état projeté figurant au dossier de demande de permis de construire modificatif que l'emprise au sol reste inchangée à 142 m2 ; il n'est pas expliqué en quoi la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne représente pas une échelle extérieure d'accès aux combles aurait pu nuire à la bonne compréhension du projet et à l'instruction du dossier ; en droit il est admis que le document graphique puisse être constitué d'un simple croquis et la contestation manque également en fait sur ce point ; par ailleurs le croquis représente fidèlement l'état environnant existant ; si le dossier de permis de construire modificatif ne comporte aucune allusion aux persiennes métalliques mentionnées au sein de la notice architecturale du dossier du permis de construire initial, c'est parce qu'aucune modification n'est faite au projet initial à ce titre ; il suit de là qu'aucune critique au titre de la composition du dossier de demande de permis de construire, tant initial que modificatif, n'est fondée ;
. en troisième lieu, le moyen tiré de ce que le permis de construire serait entaché d'un vice de procédure au motif que l'ensemble des plans et documents composant le projet architecturel auraient été déposés postérieurement à l'avis de l'architecte des bâtiments de France manque en fait ; au surplus l'instruction de la demande de permis de construire modificatif a donné lieu à une nouvelle consultation de l'architecte des bâtiments de France, lequel a émis un nouvel avis le 19 juillet 2024 ;
. en quatrième lieu, s'agissant de l'absence de volet démolition, le moyen ne pourra qu'être écarté dès lors qu'il ressort du plan de masse-état projeté figurant au dossier de demande de permis modificatif que l'abri existant au droit de la limite sud-ouest du terrain sera conservé de sorte que le moyen manque en fait ;
. en cinquième lieu, s'agissant de la régularisation de " modules " édifiés sans autorisation, la construction des trois modules était dispensée de la délivrance d'un permis de construire en application de l'article R 422-2 du code de l'urbanisme en vigueur avant le 1ier octobre 2007 et dès lors que ces modules ont été édifiés plus de dix ans avant le dépôt de la demande de permis de construire par M. F, ces modules doivent être regardés comme réguliers ;
Sur la légalité interne :
. en premier lieu, en ce qui concerne la violation de l'article UF 7 du règlement du PLU, rien ne permet d'affirmer que l'emprise au sol de la maison existante n'est pas été modifiée à la faveur des travaux autorisés par le permis de construire ;
. en deuxième lieu, sur l'exception d'illégalité du paragraphe 4 de l'article UF 7 du règlement du PLU, dès lors que le projet de surélévation de sa maison par M. F n'a aucune incidence sur l'emprise au sol de la construction existante, l'éventuelle illégalité de la règle permettant une extension de l'emprise existante dans une limite de 30 pour cent au sein de la marge de retrait par rapport aux limites séparatives est sans incidence sur la légalité du permis de construire ;
. en troisième lieu, en tout état de cause, la notice architecturale mentionne l'existence de 2 places de stationnement dont une dans le garage ; le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 12 du règlement du PLU ne peut qu'être écarté ;
. en quatrième lieu, s'agissant de la violation de l'article UF 3 du règlement du PLU, ni le permis de construire initial ni le permis de construire ne prévoient de créer un second accès, les deux accès existant à la date du demande du permis de construire initial ; par ailleurs la largeur doit s'apprécier pour chaque accès et non en cumul ;
. en cinquième lieu, s'agissant de la violation de l'article 2.1.4 du règlement du SPR, en tout état de cause, si le portail est réalisé en ferronnerie il reste qu'il s'inscrit dans l'aspect de la clôture résultant tant de l'emploi d'un système de barreaudage vertical resserré que de la hauteur uniformisée ;
. en sixième lieu, s'agissant de la violation des règlements du PLU et du SPR au titre de l'aspect extérieur de la surélévation projetée, contrairement à ce qui est soutenu, le dernier niveau ne comporte pas un étage plein sous la partie haute de la charpente et la surélévation s'accompagnera d'une harmonisation des percements ; les volets battants supprimés dans le permis modificatif ne participent pas des éléments caractéristiques de la maison existante ; leur suppression et remplacement par des persiennes permettra au contraire d'harmoniser l'ensemble des fermetures de la maison ; la règle prévue à l'article 5.2 du règlement du SPR n'est pas applicable en l'espèce dès lors qu'elle n'a pas vocation à s'appliquer aux constructions existantes ;
. en septième lieu, s'agissant de la violation de l'article 5.3.4 du règlement du SPR au titre des châssis de toit, le moyen manque en droit et en fait ;
. en huitième lieu, s'agissant de la violation de l'article UF 14 du règlement du PLU, le moyen manque en fait, les requérants se bornent à affirmer que la surface de plancher serait de 82,27 m2 et non pas 76 m2 ainsi que l'indique le formulaire Cerfa sans justifier des modalités de leurs calculs ; au demeurant en se référant aux plans établis en 1942 et 1956 ils ont faussé leurs calculs puisqu'en 1951 la superficie des locaux n'était pas calculée en surface de plancher ; c'est tout aussi péremptoirement qu'ils affirment que le sous-sol développerait une surface de plancher de 20 m2 ;
. en neuvième lieu, s' agissant de la violation d'une limite d'extension de l'emprise au sol, les requérants ont omis de prendre en compte l'emprise au sol aussi bien le garage que la terrasse pour ne retenir que celle de la maison seule.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 30 septembre 2024, Mme B D et M. E A, représentés par Me Salon, persistent dans leurs précédentes écritures.
Ils précisent en outre que la maison de M. F doit être regardée comme ayant été irrégulièrement édifiée sans permis de construire dans sa totalité y compris le garage
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2402090 enregistrée le 15 juillet 2024 présentée par les requérants et tendant à l'annulation des décisions litigieuses.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
M. Ouardes, vice-président, a été désigné par la présidente du Tribunal administratif de Versailles pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 1ier octobre 2024 en présence de
Mme Paulin, greffière, M. Ouardes a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Salon, représentant M. A et Mme D, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; il entend ne plus soulever les moyens de légalité externe à l'exception de la composition irrégulière du dossier mais insiste sur 4 moyens de légalité interne : le fait que la prescription de 10 ans ne puisse pas jouer eu égard aux trois modules édifiés sans autorisation ; la méconnaissance de l'article UF 14 eu égard au calcul de la surface de plancher, le sous-sol ayant été omis dans ce calcul ; la méconnaissance de l'article UF 7.4 s'agissant des distances par rapport aux limites séparatives ; la méconnaissance de l'article UF 11 eu égard à l'aspect extérieur ;
- les observations de Me Lamorlette, représentant la commune du Vésinet et M. F, qui oppose d'abord une double fin de non-recevoir en l'absence d'une part de la notification en application de l'article R 601 et en l'absence d'autre part d'éléments nouveaux suite à la précédente ordonnance de rejet rendue le 6 septembre 2024 ; s'agissant des moyens de légalité externe, il fait valoir que les éventuelles irrégularités ont été purgées par le permis modificatif ; s'agissant des moyens de légalité interne, il soutient que la prescription de 10 ans est bien invocable ; que s'agissant de l'article UF 14 la démonstration des requérantes n'est pas établie s'agissant du sous-sol ; que la limitation de l'article UF 7 se calcule à partir d'une occupation horizontale ; que la méconnaissance de l'article UF 11 et de la VAP n'est pas établie et il renvoie sur ce point à son mémoire en défense..
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 août 2023, le maire de la commune du Vésinet a délivré à M. C F un permis de construire n° PC 78650 23 G0014 ayant pour objet la surélévation de sa maison d'habitation située 45 allée de la Meute sur le territoire de cette commune. Par la présente requête, Mme B D et M. E A demandent au juge des référés, sur le fondement l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 30 août 2023 par laquelle le maire de la commune du Vésinet a délivré à M. C F un permis de construire n° PC 78650 23 G0014 ayant pour objet la surélévation de sa maison d'habitation située 45 allée de la Meute sur le territoire de cette commune et la suspension de la décision de rejet de leur recours gracieux, ainsi que la suspension de l'exécution du permis de construire modificatif n° PC 78650 23 G0014 M01 du 4 septembre 2024, ainsi que du permis de construire du 30 août 2023 tel que modifié par le permis de construire modificatif du 4 septembre 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir :
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige. Il suit de là que la requête de M. A et de Mme D ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes des parties formées en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. A est rejetée.
Article 2 : Les demandes des parties formées en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, à M. E A, à la commune du Vésinet et à M. C F.
Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.
Le juge des référés, La greffière,
Signé signé
P. Ouardes S. Paulin
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
n° 2407752
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