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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407770

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407770

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407770
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A, un surveillant pénitentiaire, qui contestait sa fiche de notation pour 2022 et demandait des dommages et intérêts. La requête en annulation a été jugée tardive, car le délai de deux mois pour former un recours avait expiré avant son recours hiérarchique. Les conclusions indemnitaires ont également été rejetées en l'absence d'illégalité fautive. Cette décision a été prise sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler sa fiche de notation au titre de 2022 ;

2°) de condamner l'Etat à lui payer les sommes de :

- 50 000 euros au titre du préjudice moral ;

- 20 000 euros pour nuisance professionnelle ;

- 30 000 euros au titre de l'usurpation de signature ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la fiche de notation au titre de 2022 de M. B A, surveillant pénitentiaire titulaire affecté à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, lui a été remise en mains propres le 20 mars 2024 et que l'intéressé, ainsi que cela est mentionné sur le document de notification de ladite fiche, a refusé de signer, cette mention faisant foi jusqu'à preuve du contraire. Ce document, qui comporte également la mention des voies et délais de recours, a fait courir le délai de deux mois dont disposait M. A pour former un recours administratif ou contentieux. Il ressort des pièces produites par le requérant que celui-ci a présenté un recours hiérarchique, qui a été réceptionné le 19 août 2024, soit après l'expiration du délai de recours, et qui, par conséquent, n'a pas eu pour effet de conserver ce délai. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la fiche de notation au titre de 2022, enregistrées le 9 septembre 2024, sont tardives et, par suite, manifestement irrecevables.

4. D'autre part, en l'absence d'illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de l'Etat, les conclusions indemnitaires présentées par M. A ne peuvent être que rejetées, le moyen soulevé n'étant assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. Bélot

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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