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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407901

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407901

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant sénégalais, afin d'obtenir la délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction suite au dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour "Passeport Talent". Le juge a rappelé l'obligation de l'administration de délivrer une attestation de prolongation d'instruction lorsque la demande est complète et déposée dans les délais, conformément à l'article R. 432-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, la solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais le tribunal a examiné les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sollicitée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 25 septembre 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer sans délai un récépissé de renouvellement de sa demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour au mois d'août 2024, que le retard mis pour faire cette démarche n'est pas de son fait mais est dû à la difficulté qu'il a eue d'obtenir un duplicata, et que sa vie professionnelle est menacée à défaut de toute preuve de la régularité de son séjour ;

- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation en défense.

Un mémoire et des pièces complémentaires, présentées pour M. A, ont été enregistrés le 9 octobre 2024 et n'ont pas été communiqués.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais, né le 16 janvier 1996 à Dakar, a présenté le 8 août 2024 sur la plateforme de téléservice de l'Administration Numérique des Etrangers en France (ANEF) une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " Passeport Talent ". N'ayant reçu aucune réponse et n'ayant pas été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction, il demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer sans délai un récépissé de renouvellement de sa demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 523-1, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Aux termes, en outre, aux termes de l'article R. 432-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. () ". Et aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ".

6. Il résulte de l'instruction que la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A a été enregistrée certes le 8 août 2024, soit tardivement dès lors que ce titre expirait le 7 septembre 2024, mais un tel retard est dû à la difficulté, établie, qu'il a rencontrée pour obtenir un duplicata de son titre de séjour aux fins de déposer son dossier de renouvellement. La préfète de l'Essonne, qui n'a pas présenté de mémoire en défense, ne conteste pas le caractère complet de cette demande. Ainsi, en vertu des dispositions précitées de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dès lors que le dernier titre de séjour de M. A est arrivé à expiration le 7 septembre 2024, la préfète était tenue de mettre à sa disposition via le téléservice une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande. Dans ces conditions, au regard de l'utilité de la mesure sollicitée et de l'urgence qui résulte notamment de la menace pesant sur l'activité professionnelle de M. A, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, cette mesure ne faisant obstacle à l'exécution d'aucune décision.

O R D O N N E :

Article 1er r : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de délivrer à M. A une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.

Fait à Versailles, le 10 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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