Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de la société Share Formation, qui demandait l’annulation d’un courrier du préfet des Yvelines du 27 août 2024. Ce courrier, qui avertissait la société de dysfonctionnements dans la délivrance de diplômes pour les agents SSIAP et l’informait d’un risque de retrait d’agrément en cas de nouveaux manquements, ne constitue pas une décision faisant grief. En conséquence, il est insusceptible de recours pour excès de pouvoir. La décision est fondée sur l’article R. 222-1, 4° du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, la société Share Formation, représentée par son directeur général M. B... A..., demande au tribunal d’annuler le courrier du 27 août 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a adressé un avertissement tendant à ce qu’elle remédie à des dysfonctionnements relatifs à l’édiction des diplômes qu’elle délivre à l’issue du cycle de formation des agents des services de sécurité incendie et d’assistance aux personnes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (…)4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
La société Share Formation est titulaire d’un agrément préfectoral d’une durée de cinq ans pour assurer la formation des agents des services de sécurité incendie et d’assistance à personnes (SSIAP) niveaux 1, 2 et 3. Par un courrier du 27 août 2024, le préfet des Yvelines a demandé à la société Share Formation de remédier aux dysfonctionnements constatés par le directeur du service départemental d’incendie et de secours des Yvelines dans la rédaction des diplômes qu’elle délivre à l’issue du cycle de formation des agents des SSIAP, en l’informant que si de nouveaux manquements étaient constatés, il serait contraint de procéder au retrait de l’agrément dont elle bénéficie pour assurer ces formations professionnelles. Toutefois, ce courrier, par lequel le préfet se borne à avertir la société requérante qu’un nouveau manquement porté à sa connaissance pourrait donner lieu au retrait de son agrément, sans lui infliger une quelconque sanction, ne constitue pas une décision faisant grief et est, par suite, insusceptible de recours. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la société Share Formation tendant à l’annulation du courrier du 27 août 2024 du préfet des Yvelines sont manifestement irrecevables.
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de la société Share Formation par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Share Formation est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Share Formation.
Fait à Versailles, le 18 octobre 2024.
La présidente de la 6ème chambre,
signé
J. Lellouch
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.