jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Navarro, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un rendez-vous pour la remise de son titre de séjour et de débloquer son compte ANEF pour qu'elle puisse déclarer son changement d'adresse et solliciter un changement de statut en qualité de salariée, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'elle ne peut obtenir la délivrance de sa carte de séjour, qu'elle ne peut exercer son droit de déposer une demande de changement de statut, ce qui met en péril ses recherches d'emploi et donc son avenir professionnel; grâce à son parcours universitaire et au regard de la qualité de son dossier, elle est parvenue à intégrer un Master Grande Ecole au sein de " Paris School of Business ", une des écoles de commerce les plus réputées ; l'attestation de décision favorable obtenue le 25 août 2022 ne lui permet pas d'occuper un emploi à temps complet ;
- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante guinéenne, née le 10 novembre 2000 à Dubreka, a fait l'objet le 25 août 2022 d'une attestation de décision favorable sur une demande de renouvellement d'un titre de séjour, valable du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2026. N'ayant pas été mise en possession du titre de séjour en cause, elle demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous pour la remise de son titre de séjour et de débloquer son compte ANEF pour qu'elle puisse déclarer son changement d'adresse et solliciter un changement de statut en qualité de salariée, dans un délai de quarante-huit heures et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un rendez-vous afin de lui remettre sa carte de séjour et de débloquer son compte ANEF. Or, ainsi que cela a été dit, il ressort des pièces du dossier que Mme A est bénéficiaire d'une attestation de décision favorable de délivrance d'une carte de séjour valable jusqu'au 30 septembre 2026, précisant que ce document est en cours de fabrication. Une telle attestation, en application de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui permet de justifier de la régularité de son séjour dans l'attente de la remise de son titre de séjour et l'autorise à franchir les frontières de l'espace Schengen, mais également d'occuper un emploi. A cet égard, la requérante n'établit pas l'impossibilité de poursuivre l'ensemble de ses démarches professionnelles, par la seule production au dossier d'une promesse d'embauche récente, laquelle mentionne uniquement que Mme A doit communiquer une pièce d'identité et un numéro de sécurité sociale. Par suite, et alors même qu'elle a tenté vainement et à plusieurs reprises d'obtenir un rendez-vous, la requérante ne justifie pas de la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er r : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 10 octobre 2024.
La juge des référés,
signé
E. Marc
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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