LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407940

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407940

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407940
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de M. B, ressortissant congolais, contestant le refus de titre de séjour du préfet des Yvelines du 2 juillet 2024. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, le requérant ayant bénéficié de récépissés pendant trois ans et ne démontrant pas que la suspension de son contrat de travail résultait directement de la décision contestée. Aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen, l'irrégularité de l'avis de l'OFII, l'erreur de fait, la méconnaissance de l'article L. 425-9 du CESEDA et de l'article 8 de la CEDH, n'a été jugé de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 25 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Rochiccioli, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet des Yvelines du 2 juillet 2024, en tant qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour ;

3°) d'enjoindre aux services préfectoraux territorialement compétents de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Rochiccioli sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat, ou, en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, qui sera versée à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il a été maintenu sous récépissés pendant trois ans et que son contrat de travail a été désormais suspendu faute de pouvoir justifier de la régularité de sa situation ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : en premier lieu, la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, dès lors qu'il a formé une nouvelle demande en cours d'instruction de son dossier ; or, aucune instruction n'a eu lieu sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même qu'il en avait expressément fait la demande et avait fourni les documents nécessaires à cette instruction ; par ailleurs, l'avis des médecins de l'OFII a été rendu plus de deux ans avant que le préfet ne statue sur sa demande de titre de séjour pour soins ; en deuxième lieu, dès lors qu'il accepte dans le cadre de l'instance la levée du secret médical, il appartient à l'administration de produire le rapport médical en application de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'ensemble des éléments médicaux sur lesquels l'OFII s'est fondé ; en troisième lieu, il appartient à l'administration de produire l'avis du collège des médecins de l'OFII ; en quatrième lieu, ni l'avis médical ni le rapport médical n'ont été communiqués, de sorte que rien ne permet d'affirmer avec certitude que l'identité du médecin rapporteur figurant sur l'avis correspond bel et bien à celle du médecin ayant rédigé ledit rapport et que ledit médecin n'a pas siégé au sein du collège ; en cinquième lieu, rien ne justifie en l'état que les médecins ayant siégés au sein du collège ont bien été désignés par décision du directeur général de l'OFII ; en sixième lieu, rien ne permet d'établir que l'avis a été émis de manière collégiale ; en septième lieu, la décision en litige est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il est mentionné qu'il est célibataire et père d'un enfant mineur ; en huitième lieu, la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en neuvième lieu, la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête par laquelle M. B demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Marc ;

- les observations de Me Bahic, substituant Me Rochiccioli pour M. B, qui persiste en ses conclusions et moyens et complète ses conclusions aux fins d'injonction par celles tendant au réexamen de la situation de l'intéressé ;

- le préfet des Yvelines n'étant ni présent ni représenté.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 14 heures 15.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant congolais né le 27 novembre 1990 à Kavuaya, est entré sur le territoire français le 14 avril 2019 et a sollicité l'asile le 25 avril 2019. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 9 avril 2020, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 5 mai 2021. Par un arrêté du 16 juin 2021, le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 424-1 et L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office. Cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Versailles du 3 septembre 2021, qui a enjoint au préfet des Yvelines de réexaminer la situation de l'intéressé dans un délai de deux mois et de le munir, dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour. Il est constant que M. B a alors été placé sous autorisations provisoires de séjour successives, la dernière expirant le 2 août 2024. Par un arrêté du 2 juillet 2024, le préfet des Yvelines a rejeté la demande de titre de séjour pour soins de l'intéressé et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de cet arrêté en tant qu'il rejette sa demande de titre de séjour.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. B, il y a lieu d'admettre celui-ci au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

Quant à la condition d'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'étranger. Cette condition d'urgence est, en principe, constatée en cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour.

6. En l'espèce, M. B, dont il est constant qu'il séjournait régulièrement sur le territoire français depuis la délivrance de sa première autorisation provisoire de séjour consécutive au jugement cité au point 1 ci-dessus, soit depuis presque trois années, a fait l'objet d'un refus de délivrance de titre de séjour le 2 juillet 2024, lequel a entrainé la suspension de son contrat de travail à durée indéterminée à compter du 3 août 2024, ce qui porte nécessairement atteinte à sa situation financière. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.

Quant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

7. En l'état de l'instruction, et alors qu'il n'est pas contesté que, au cours de l'instruction de sa demande de titre de séjour pour soins, M. B a obtenu une autorisation de travail le 21 juin 2024 et a informé l'administration qu'il souhaitait un changement de statut et voir examinée une demande de titre de séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de l'intéressé est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

8. Par suite, les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'arrêté du préfet des Yvelines du 2 juillet 2024, en tant qu'il refuse au requérant la délivrance d'un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. La présente ordonnance implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Yvelines de procéder au réexamen de la situation de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de munir l'intéressé, dans un délai d'une semaine, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à ce réexamen. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande le requérant au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du préfet des Yvelines du 2 juillet 2024, en tant qu'il refuse à M. B la délivrance d'un titre de séjour, est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai d'une semaine, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur.

Fait à Versailles, le 4 octobre 2024.

La juge des référés

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions