vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407957 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la délibération du 1er février 2024 par laquelle le conseil municipal de Savigny-sur-Orge a décidé le lancement d'une nouvelle délégation de service public sur la gestion et l'exploitation d'un établissement d'accueil du jeune enfant, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette délibération ;
2°) d'ordonner par voie de conséquence la suspension de l'exécution de la procédure de nouvelle délégation de service public pour la crèche des petits fripons, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette délibération, avec toutes conséquences de droit.
il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la délibération en litige porte atteinte à l'ordre public qui commande de respecter les procédures prévues par le code, mais également à sa situation personnelle de requérant, conseiller municipal de la commune ; de plus ces atteintes sont nécessairement immédiates puisque l'attributaire de la délégation de service public doit être formellement désigné lors de la séance du conseil municipal du 26 septembre 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; elle est entachée d'un vice d'illégalité externe pris de la convocation de la CCSPL par une autorité incompétente ; elle est entachée d'une erreur de droit tirée de l'insuffisance du rapport de présentation.
Vu :
- La requête au fond enregistrée sous le n° 2402700 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Le requérant soutient que la condition d'urgence est remplie dès lors que la délibération en litige porte atteinte à l'ordre public qui commande de respecter les procédures prévues par le code, mais également à sa situation personnelle de requérant, conseiller municipal de la commune. Il ajoute que ces atteintes sont nécessairement immédiates puisque l'attributaire de la délégation de service public doit être formellement désigné lors de la séance du conseil municipal du 26 septembre 2024. Toutefois ces circonstances ne sont pas suffisantes à elles-seules pour regarder la condition d'urgence comme satisfaite au sens des dispositions de l'article L. 521- 1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Versailles, le 20 septembre 2024,
Le juge des référés
signé
P. Ouardes
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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