mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 17 septembre 2024 et 11 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Hubert, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de modifier l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2405575 du 31 juillet 2024 et d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer à un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de carte de séjour et de lui délivrer, si le dossier est complet, un récépissé, dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros à son conseil au titre des dispositions des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à défaut de lui verser cette somme.
Il soutient que :
- l'ordonnance n° 2405575 n'a fait l'objet d'aucune exécution malgré différentes relances adressées par son conseil ;
- s'il a été convoqué en préfecture le 14 octobre 2024, il est impossible d'être certain qu'il sortira de ce rendez-vous avec un récépissé.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2405575 du 31 juillet 2024 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 octobre 2024, en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière d'audience :
- le rapport de M. Fraisseix ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Une note en délibéré présentée par M. B a été enregistrée le 14 octobre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () ".
4. En l'espèce, M. B a été informé par courrier du département de l'Essonne en date du 8 octobre 2024 d'un rendez-vous le 14 octobre 2024. Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ayant ainsi perdu leur objet, il n'y a plus lieu de statuer à leur égard.
Sur les frais liés au litige :
5. M. B a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Hubert en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle. A défaut d'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera directement cette somme à ce dernier.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Hubert renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Hubert, avocat de M. B, une somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 (huit cents) euros sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Versailles, le 15 octobre 2024,
Le juge des référés,
signé
P. Fraisseix
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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