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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408154

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408154

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A visant à suspendre l'inscription provisoire de son enfant à l'école maternelle de Bois d'Arcy. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'enfant étant déjà scolarisé depuis la rentrée et bénéficiant d'un accompagnement pédagogique, et que la suspension de l'inscription serait préjudiciable à sa scolarité. La requête a donc été rejetée dans son ensemble, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Hemitouche, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision d'inscription provisoire de son enfant à l'école maternelle G. Reillon de Bois d'Arcy ;

2°) d'enjoindre au maire de Bois d'Arcy de délivrer, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond, le certificat de radiation dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance ;

3°) de condamner la commune de Bois d'Arcy à lui verser la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le changement d'école dans un autre département est brutal pour l'enfant alors que la rentrée des classes est déjà passée ; cette inscription peut entraîner pour lui des sanctions faute d'avoir présenté son enfant à l'école maternelle de Sceaux ; cette inscription provisoire l'éloigne de son enfant ; cette dernière a des problèmes médicaux ; à l'école de Sceaux l'enfant bénéficiait d'une surveillance particulière ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; elle est entachée d'incompétence ; elle méconnaît les dispositions du code civil ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, la commune de Bois d'Arcy, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que l'acte en litige est un acte préparatoire et insusceptible de recours ;

- la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie dès lors que l'enfant concerné est scolarisé depuis la rentrée scolaire et qu'un dispositif d'accompagnement pédagogique a été mis en place afin de garantir le bon déroulement des enseignements ; l'inscription provisoire permet dès lors de garantir le respect de l'instruction de l'enfant ;

- à supposer que la décision en litige soit regardée comme un acte décisoire, il n'existe pas de doute sérieux quant à sa légalité ; l'acte n'est pas entaché d'incompétence ; les dispositions du code civil ne sont pas méconnues, l'inscription scolaire étant un acte usuel de l'autorité parentale ; s'agissant du litige entre les parents, seul le juge aux affaires familiales est compétent pour le trancher ; en l'absence de décision du juge aux affaires familiales, la commune était dans l'obligation de maintenir l'inscription.

Vu :

- La requête au fond enregistrée sous le n° 2408153 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 3 octobre 2024 à 14h, en présence de Mme Laforge, greffière d'audience, M. Ouardes a lu son rapport son rapport et entendu :

- les observations de Me Hemitouche, représentant M. A présent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle précise ;

- les observations de Mme B, représentant la commune de Bois d'Arcy, qui s'en rapporte au mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 14h39.

Considérant ce qui suit :

1.M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision d'inscription provisoire de son enfant à l'école maternelle G. Reillon de Bois d'Arcy et d'enjoindre au maire de Bois d'Arcy de délivrer, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond, le certificat de radiation dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "

3. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. A fait valoir que le changement d'école dans un autre département est brutal pour l'enfant alors que la rentrée des classes est déjà commencée, que cette inscription peut entraîner pour lui-même des sanctions faute d'avoir présenté son enfant à l'école maternelle de Sceaux, que cette inscription provisoire l'éloigne de son enfant qui a des problèmes médicaux et qu'à l'école de Sceaux l'enfant bénéficiait d'une surveillance particulière. Toutefois il n'est pas contesté que l'enfant concerné est scolarisé depuis la rentrée scolaire du 2 septembre 2024 à l'école maternelle Gérard Reillon de Bois d'Arcy, soit plus de quinze jours avant l'introduction du référé, et qu'un dispositif d'accompagnement pédagogique a été mis en place afin de garantir le bon déroulement des enseignements qu'elle reçoit. Cette inscription provisoire permet de garantir le respect de l'instruction de l'enfant. Par ailleurs il n'est pas contesté que l'enfant se trouve actuellement au domicile de sa mère à Bois d'Arcy. Au demeurant la suspension de l'inscription scolaire provisoire aurait nécessairement pour conséquence de placer l'enfant dans une situation préjudiciable, la mettant en rupture avec le cadre scolaire qu'elle connaît depuis la rentrée scolaire et auquel elle s'est habituée. Il suit de là que, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition tenant à l'urgence ne peut être regardée comme satisfaite. Par suite, la requête de M. A ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la commune de Bois d'Arcy.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Versailles.

Fait à Versailles, le 11 octobre 2024,

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Ouardes C. Laforge

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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