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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408240

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408240

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408240
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSHANNON AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi en référé-suspension par un étudiant contestant le refus de CentraleSupélec de retirer l'école Centrale Casablanca de sa liste de vœux et de lui proposer une autre affectation. Le juge des référés a rejeté la requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'étudiant n'établissant pas de difficultés financières insurmontables liées à son affectation au Maroc. La décision s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui exige une urgence justifiée pour suspendre une décision administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Sibillotte, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le directeur de l'établissement public CentraleSupélec a rejeté sa demande de retrait de l'école Centrale Casablanca de sa liste de vœux et a refusé de l'affecter dans une autre école du Groupe des Ecoles Centrales à la suite du recours qu'il a formé le 12 juillet 2024 ;

2°) d'enjoindre à l'établissement public CentraleSupélec de formuler une autre proposition d'affectation dans une autre école du groupe française ;

3°) de mettre à la charge de l'établissement public CentraleSupélec la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les cours des écoles Centrale débutent le 16 septembre 2024 et que, aucune bourse sur critères sociaux n'étant accordée pour une école située au Maroc, il n'a pas les moyens financiers nécessaires à la poursuite de ses études au sein de l'école Centrale Casablanca ;

- les moyens tirés de ce qu'il appartiendra à l'établissement public CentraleSupélec de justifier du nombre de places offertes dans le cadre du concours universitaire des Ecoles Centrale pour la session 2024 définies par arrêté ministériel, de la méconnaissance de l'article 3.1 du règlement du concours au regard de la durée de son épreuve orale d'anglais de seulement 22 mn au lieu des 30 mn prévues, dont il n'a pas contesté la note dans le délai de trois jours prévu par le règlement du concours, de la composition irrégulière du jury, d'un vice de procédure tenant à la retranscription erronée de sa note à l'oral de mathématiques 2, d'un vice de procédure résultant de l'absence de classement " statut apprenti " par application de l'article 3-2 du règlement du concours, et d'erreurs de droit dès lors que, d'une part, alors que le règlement des concours CPGE des filières MP, PC ou MPI autorisent la suppression de vœux dans la liste d'attente des affectations en cours, la décision en litige a refusé sa demande de retrait de son vœu formulé pour l'école Centrale Casablanca pendant les phases de proposition, d'autre part, le règlement du concours, qui prévoit deux classements distincts selon le statut d'élève ou de celui d'apprenti, n'a pas été appliqué, ce qui lui a fait perdre sa place pour l'école Centrale Marseille selon le statut d'apprenti et, enfin, que le règlement du concours est trompeur dès lors que l'école Centrale Casablanca n'y fait l'objet d'aucune disposition particulière alors que son statut est dérogatoire de celui des autres école situées en France, notamment au regard du principe de gratuité.

Vu :

- la requête n° 2408239 enregistrée le 23 septembre 2024 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Ribeiro-Mengoli, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. D'autre part, selon la note liminaire du règlement du concours universitaire des Ecoles Centrale - session 2024 auquel le requérant a candidaté : " () Le Concours Universitaire des Écoles Centrale s'adresse aux étudiants en dernière année de Licence (). Les candidats doivent établir une liste de vœux des écoles qu'ils souhaitent intégrer (). Le jury établit la liste des candidats admis à passer les épreuves orales. À l'issue des épreuves orales, il dresse la liste, par ordre de mérite, des candidats proposés pour une admission (candidats " classés "). Pour prétendre intégrer une école, les candidats classés doivent suivre la procédure d'intégration décrite en fin de cette notice () ". Aux termes de l'article 1.2 de ce règlement, les vœux ne peuvent être modifiés que jusqu'au 14 avril 2024. La procédure d'intégration est par ailleurs définie à l'article 4 de ce règlement, laquelle précise que : " Seuls les candidats " classés " sont susceptibles d'intégrer une école. L'intégration dans une école est proposée en tenant compte : - du rang du candidat dans chaque classement ; - du classement préférentiel des vœux qu'il aura exprimés au moment de l'inscription ; - du nombre de places offertes par chaque école ; - des dominantes de recrutement de chaque école. / Il est recommandé aux candidats de s'informer sur l'ensemble des écoles (y compris sur le coût de la scolarité) avant d'effectuer leur classement préférentiel sur le site Internet. / Dès lors qu'une proposition d'intégration dans une école aura été faite à un candidat, celui-ci ne pourra plus avoir accès aux écoles situées moins favorablement dans sa liste de vœux. ". Le règlement définit en outre, en son article 4, le calendrier que les candidats, qui reçoivent des propositions d'intégration, doivent respecter à défaut de quoi ils sont considérés comme démissionnaires. En particulier, les candidats ayant répondu à une proposition par un " oui mais " lors que la première série de propositions d'intégration s'étant déroulée du 29 avril 2024 au 3 mai 2024 devaient impérativement répondre à la série de propositions suivante du 14 au 21 juin 2024, puis à celle se déroulant du 24 juin au 1er juillet 2024. Enfin, aux termes de l'article 3.2 Résultats dudit règlement : " () À l'issue des épreuves, deux classements sont effectués : - statut étudiant ; - statut apprenti. / Les candidats y sont classés par ordre décroissant du total de points en additionnant les notes obtenues aux épreuves orales affectées de coefficients. ".

3. M. B, candidat au concours universitaire des Ecoles Centrale - session 2024, a été informé, le 13 mai 2024, à la suite des interrogations qu'il avait formulées, d'une erreur de report de sa note à l'épreuve de mathématiques 2, laquelle a été relevée à 14 et l'a fait remonter dans le classement général du concours, et qu'eu égard à son classement et conformément aux vœux qu'il a formulés, le jury lui proposait d'intégrer l'école Centrale Méditerranée sous le statut d'apprenti. Après avoir accepté cette proposition par un " oui mais ", à laquelle il devait donner une réponse définitive lors des phases ultérieures décrites à l'article 4 du règlement du concours, il indique avoir reçu, le 28 juin 2024, une proposition d'intégrer l'école Centrale Casablanca, conformément aux vœux qu'il a formulés, lesquels classaient cette école en 21ème position, devant l'école centrale Marseille sous le statut d'élève et celle de Méditerranée sous le statut d'apprenti. En application de l'article 4 du règlement du concours aux termes duquel " dès lors qu'une proposition d'intégration dans une école aura été faite à un candidat, celui-ci ne pourra plus avoir accès aux écoles situées moins favorablement dans sa liste de vœux " il a été affecté à l'école Centrale Casablanca. Estimant que les termes de l'article 3-2 du règlement du concours reproduits ci-dessus faisant état de deux classements selon le statut d'élève ou d'apprenti pouvaient être lus comme lui permettant de conserver la proposition d'intégration à l'école Centrale Méditerranée sous le statut d'apprenti tout en lui permettant d'attendre des propositions plus favorables dans des écoles Centrale sous le statut élève et faisant valoir qu'il n'avait ainsi pas envisagé la perte de la proposition d'intégration qui lui avait été faite le 13 mai 2024 en statut d'apprenti, il a formé, le 12 juillet 2024, un recours auprès de CentraleSupélec afin de pouvoir retirer de sa liste de vœux l'école Centrale Casablanca et que lui soit proposé son intégration à l'école Centrale Nantes ou Lyon. Par la décision en litige, le directeur de l'établissement public a rejeté son recours au motif, en particulier, qu'en application du règlement du concours, qui n'autorise la modification des vœux des candidats que jusqu'au 14 avril 2024, les candidats n'ont pas le choix entre leur classement sous statut apprenti ou sous statut élève et que la proposition d'intégration correspond au meilleur classement des deux, que le nombre de points qu'il a obtenu au concours est inférieur au nombre minimum de points fixé pour le recrutement au sein des écoles Centrale Nantes, Lyon et Lille et que le règlement du concours donne toutes informations utiles concernant chaque école Centrale et recommande expressément aux candidats de s'informer sur celles-ci.

4. En l'état de l'instruction, alors en particulier que le classement et les modalités du processus d'intégration, précisément défini à l'article 4 du règlement du concours, conduisent à un classement global qui affecte selon les vœux formulés par les candidats, tels qu'ils les ont hiérarchisés, lesquels ne peuvent être modifiés que jusqu'au 14 avril 2024, et que le règlement recommande aux candidats de s'informer sur l'ensemble des écoles Centrale et en particulier sur le cout de la scolarité avant d'effectuer leur classement, aucun des moyens soulevés par le requérant, tel qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est manifestement de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition relative à l'urgence, les conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il en résulte que ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 26 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

N. Ribeiro-Mengoli

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408240

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