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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408252

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408252

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408252
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande de suspension de M. B, éducateur sportif, visant la décision du préfet des Yvelines du 25 juillet 2024 lui notifiant une incapacité d'exercer ses fonctions. Cette décision était fondée sur l'article L. 212-9 du code du sport, en raison d'une condamnation pour conduite sous stupéfiants (article L. 235-1 du code de la route). Le juge des référés a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, motivation, vice de procédure, erreur d'appréciation, etc.) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, rendant inutile l'examen de la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Jourdain de Muizon, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines lui a notifié l'incapacité d'exercer, à titre rémunéré ou bénévole, des fonctions d'enseignement, d'animation, d'encadrement d'une activité physique ou sportive et d'entraînement de ses pratiquants, et lui a enjoint de cesser immédiatement l'exercice de l'activité d'éducateur sportif dans tout établissement d'activités physiques ou sportives ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée porte atteinte de manière grave et immédiate à sa situation personnelle, puisqu'il ne peut plus exercer ses fonctions d'éducateur sportif, ce qui le prive de toute ressource et met en péril ses conditions d'existence ;

- les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, de son insuffisante motivation, de la méconnaissance du principe du contradictoire, de l'existence d'un vice de procédure en raison de la consultation illégale du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont susceptibles, en l'état de l'instruction, de créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.

Vu :

- la requête n° 2408251 enregistrée le 24 septembre 2024 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code du sport ;

- le code pénal ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Ribeiro-Mengoli, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été condamné par le tribunal judiciaire de Versailles, le 8 janvier 2024, sur le fondement de l'article 235-1 du code de la route, pour des faits de conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, à une amende délictuelle de 500 euros à titre principal et à une peine de 6 mois de suspension de son permis de conduire, à titre complémentaire. Sa condamnation a été mentionnée au bulletin numéro 2 de son casier judiciaire. Par la décision contestée du 25 juillet 2024, le préfet des Yvelines lui a notifié l'incapacité d'exercer, à titre rémunéré ou bénévole, des fonctions d'enseignement, d'animation, d'encadrement d'une activité physique ou sportive et d'entraînement de ses pratiquants, et lui a enjoint de cesser ses activités d'enseignement, d'animation et d'encadrement d'activités physiques et sportives sur le fondement des dispositions de l'article L. 212-9 du code du sport, qui prescrivent que nul ne peut exercer ce type de fonctions s'il a fait l'objet d'une condamnation pour crime ou pour l'un des délits mentionnés par ce texte, au nombre desquels figure la condamnation sur le fondement de l'article 235-1 du code de la route prononcée à son encontre. M. B demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité par le juge du fond.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'article L. 212-9 du code du sport prévoit que nul ne peut exercer les fonctions d'éducateur sportif s'il a fait l'objet d'une condamnation pour certains crimes ou délits listés par ce même article. Son 7° applique cette incapacité professionnelle en cas de condamnation pour les délits prévus : " Aux articles L. 235-1 et L. 235-3 du code de la route ". Cette incapacité est automatiquement prononcée par l'autorité administrative compétente sur le constat de l'inscription d'une condamnation pour ces infractions au bulletin n° 2 du casier judiciaire. Les personnes faisant l'objet d'une incapacité d'exercice peuvent demander à en être relevées dans les conditions prévues à l'article 132-21 du code pénal ainsi qu'aux articles 702-1 et 703 du code de procédure pénale, ainsi que le précisent les dispositions de l'article L. 212-9 du code de la route.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par le requérant, tel qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est manifestement de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition relative à l'urgence, les conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 26 septembre 2024.

La juge des référés,

signé

N. Ribeiro-Mengoli

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408252

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