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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408268

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408268

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408268
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. B visant à reporter le vote du conseil municipal de Savigny-sur-Orge sur l'attribution d'une concession de crèche. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée et que la requête était manifestement mal fondée, car M. B n'avait pas exercé son droit de consulter les documents avant la date de la convocation. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que sur les articles L. 2121-12 et L. 1411-7 du code général des collectivités territoriales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au maire de Savigny-sur-Orge de reporter la présentation du point n°1 de l'ordre du jour de la séance du conseil municipal du 26 septembre 2024 du conseil municipal de Savigny-sur-Orge relatif à l'attribution d'une concession de crèche à une séance ultérieure, respectant le délai prévu à l'article L. 1411-7 du code général des collectivités territoriales avec photographie possible des pièces ;

2°) de dire que l'ordonnance sera exécutoire dès qu'elle aura été rendue en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative ;

- le code général des collectivités territoriales.

La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / Si la délibération concerne un contrat de service public, le projet de contrat ou de marché accompagné de l'ensemble des pièces peut, à sa demande, être consulté à la mairie par tout conseiller municipal dans les conditions fixées par le règlement intérieur Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. / En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc.". Aux termes de l'article 1411-7 du même code : " Deux mois au moins après la saisine de la commission prévue à l'article L. 1411-5, l'assemblée délibérante se prononce sur le choix du délégataire et la convention de délégation de service public. Les documents sur lesquels se prononce l'assemblée délibérante doivent lui être transmis quinze jours au moins avant sa délibération. ". Dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Lorsque la délibération concerne une convention de délégation de service public, tout conseiller municipal doit être mis à même, par une information appropriée, quinze jours au moins avant la délibération, de consulter le projet de contrat accompagné de l'ensemble des pièces, notamment les rapports du maire et de la commission de délégation de service public, sans que le maire ne soit tenu de notifier ces mêmes pièces à chacun des membres du conseil municipal.

3. M. B soutient que la commune a modifié le dossier d'information sur la concession de la crèche " les petits fripons ", qu'il a été invité à consulter par courrier du 3 septembre 2024, entre le 9 septembre, date de la convocation de la commission administration générale, finances et fonctions supports, et le 19 septembre, date à laquelle a été convoqué le conseil municipal de Savigny-sur -Orge pour sa séance du 26 septembre 2024. Il soutient que les modifications ainsi apportées à des éléments substantiels du dossier, notamment financiers, l'ont privé de la garantie prévue à l'article 1411-7 du code général des collectivités territoriales de recevoir les documents sur lesquels il est appelé à se prononcer 15 jours au moins avant la délibération. Toutefois, à supposer que les modifications apportées auxdits documents pendant la période de 15 jours précédant le vote du conseil municipal sur la délégation de service public petite enfance puissent être de nature à entacher d'illégalité sa délibération, M. B, qui indique lui-même ne pas avoir exercé le droit de consulter sur place lesdits documents avant le 19 septembre 2024, a pu prendre connaissance du projet de contrat et l'offre financière du candidat le mieux placé lors de la séance de la commission administration générale, finances et fonctions supports le 16 septembre 2024 et a constaté lui-même les différences entre les documents examinés le 16 septembre et ceux communiqués le 19 septembre au conseil municipal. Ainsi, pour regrettable que soit la modification de ces documents pendant la période de 15 jours précédant le vote, elle n'a pas pu avoir pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de porter une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale d'exercice du mandat local de M. B. La requête de M. B est donc manifestement mal fondée et doit donc être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la commune de Savigny-sur-Orge.

Fait à Versailles, le 26 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Mauny

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408268

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