mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408316 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Dubreux, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " révélée par la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour " parent accompagnant " en date du 8 février 2021, de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour née le 15 juillet 2023, la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour née le 28 octobre 2023 et la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour née le 23 juin 2024 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond et portant autorisation de travail, l'ensemble sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros hors taxes à verser à son conseil en application des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, cette dernière renonçant dans ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 mai 2024
La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise, est entrée en France le 6 avril 2018. Elle a bénéficié d'autorisations provisoire de séjour en qualité de parent accompagnant et produit des attestations valables du 13 septembre 2019 au 12 mars 2020, du 8 février au 7 août 2021, du 13 juillet 2021 au 19 janvier 2022, du 11 janvier au 29 avril 2022, du 2 août au 1er novembre 2022. Elle s'est vu délivrer le 10 août 2020 un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 9 février 2021. Elle a présenté une demande de titre de séjour le 2 août 2022, pour laquelle une demande de pièces complémentaires lui a été adressée le 8 juin 2023. Elle a demandé le 9 novembre 2023 la communication des motifs de la décision implicite de rejet qui aurait été opposée à sa demande le 8 octobre 2023. Elle a en outre demandé son admission exceptionnelle au séjour le 6 février 2023 et modifié sa demande le 23 février 2024, avant de formuler par un courrier du 2 juillet 2024 une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet qui serait née le 23 juin 2024. Elle a également formulé une demande de titre de séjour, et à titre subsidiaire d'autorisation provisoire de séjour, par un courrier en date du 13 mars 2023. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " révélée par la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour " parent accompagnant " en date du 8 février 2021, de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour née le 15 juillet 2023, de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour née le 28 octobre 2023 et de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour née le 23 juin 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des décisions qu'elle attaque, Mme A se prévaut, d'une part, d'une présomption d'urgence, dès lors qu'elle a sollicité le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour, à titre subsidiaire, dans son courrier du 13 mars 2023 et, d'autre part, de sa situation personnelle et familiale, n'étant pas en possibilité de subvenir correctement aux besoins de sa fille, prise en charge médicalement, faute de pouvoir travailler ou de pouvoir percevoir l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé qui lui a été attribuée par la maison départementale des personnes handicapées le 19 juin 2024, en dépit de ses multiples démarches. Toutefois, la dernière autorisation provisoire de séjour qu'elle produit expirait le 1er novembre 2022 et elle ne peut être regardée comme en ayant sollicité le renouvellement par son courrier du 13 mars 2023. En tout état de cause, Mme A demande la suspension de l'exécution de refus implicite de titre de séjour mais n'allègue pas avoir déjà disposé d'un tel document. Elle ne peut donc pas se prévaloir de la présomption d'urgence qu'elle invoque. Par ailleurs, elle n'a saisi le juge des référés que le 25 septembre 2024 alors qu'il ressort de ses propres écritures qu'elle n'ignorait pas le sort réservé à ses différentes démarches les 8 octobre 2023 et 23 juin 2024, puisqu'elle a demandé le 9 novembre 2023 et le 2 juillet 2024 les motifs de décisions implicites qui lui auraient été opposées à ces dates. Par ailleurs, si elle évoque la nécessaire prise en charge médicale de sa fille et sa précarité, les pièces qu'elle produit établissent la continuité des soins délivrés à sa fille depuis son entrée sur le territoire et le fait qu'elle bénéficie d'un hébergement, et ce alors qu'elle produit au surplus une attestation de vie en concubinage avec M. C en date du 17 juillet 2024. Elle ne justifie pas en outre avoir sollicité, après le 13 mars 2023, une nouvelle autorisation provisoire de séjour sur le fondement de laquelle elle aurait pu reprendre un emploi. Au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme A ne justifie donc pas de circonstances particulières caractérisant une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de rejeter, sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par Mme A, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. Mauny
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 24008316
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