jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL HMS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, Mme A B, ayant pour avocat Me Bellanger, demande au tribunal :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du doyen de l'UFR Simone Veil-Santé en date du 23 septembre 2023 prise en exécution de l'ordonnance n°2406709 du 29 août 2024 ;
2°) d'enjoindre à l'université de réunir le jury afin qu'il se prononce sur sa situation dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre subsidiaire, d'ordonner toutes mesures nécessaires pour assurer l'exécution immédiate des prescriptions et injonctions formulées par le juge des référés du tribunal administratif de Versailles dans son ordonnance n°2406709 du 29 août 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines une somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Le doyen de l'UFR était incompétent pour prendre la décision, alors que, compte tenu de ce que la délibération du jury a été suspendue par le juge des référés, il revenait à l'université de réunir un jury afin qu'il se prononce sur sa situation ;
- La chose ordonnée par le juge des référés a été méconnue, car l'administration n'a pas tiré les conséquences des motifs censurés par le juge ;
- L'université n'établit pas l'absence de places dans les filières maïeutique et pharmacie et rien n'indique que le maximum des capacités ait été atteint et qu'il ne soit pas possible de lui donner une place.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024 l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, représentée par son président en exercice à ce dûment habilité, conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 14 octobre 2024, Mme B conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en faisant valoir en outre qu'il résulte de l'ordonnance du juge des référés que l'université devait réunir un jury afin de tirer les conséquences de la suspension prononcer et remédier aux vices retenus, et qu'en ce qui concerne le problème des choix de filière, à résultats inchangés, si elle avait pu choisir pharmacie ou maïeutique, elle aurait été admise dans l'une de ces filières.
Vu :
- la décision dont la suspension est demandée ;
- la requête enregistrée sous le °2408472 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Descours-Gatin, magistrat honoraire, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Descours-Gatin,
- les observations de Me Cortes qui substitue Me Bellanger représentant les intérêts de Mme B, qui reprend ses écritures, et précise que l'urgence est établie, qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision, car ce n'était pas au doyen de décider, mais que la réunion d'un jury était nécessaire, qu'il convient, dans la mesure d'injonction, guider la main de l'université et qu'il doit être statué compte tenu des irrégularités retenues par le juge des référés pour statuer à nouveau sur sa situation et que si elle avait pu valider ses choix en pharmacie, elle aurait été admise dans cette filière ;
- et les observations de M. C D, directeur des affaires juridiques et institutionnelles de l'université, bénéficiant d'un pouvoir délivré par le président de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, qui reprend ses écritures et qui précise en outre que Mme B n'a choisi que les filières médecine et odontologie et a renoncé aux trois autres, que, compte tenu de cette situation, la seule solution consistait en une mesure dérogatoire prise par le doyen.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience le 14 octobre 2024.
Une note en délibéré, présentée par Mme B, a été enregistrée le 15 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Par une ordonnance n°2406709 en date du 29 août 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a, en son article 1er, suspendu l'exécution de la décision refusant l'admission de Mme B en deuxième année d'études de santé jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, en son article 2 enjoint à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines de procéder au réexamen de la situation de l'intéressée dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, et, en son article 3, rejeté le surplus des conclusions de la requête.
3. Pour assurer l'exécution de l'article 2 de l'ordonnance du juge des référés du29 août 2024, le doyen de l'UFR Simone Veil-Santé de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines a, après réexamen de la situation de Mme B, par une décision en date du 23 septembre 2024, refusé d'inscrire l'intéressée dans les filières médecine et odontologie, seules filières qu'elle avait classées et qu'elle ne pouvait intégrer compte tenu de son classement, refusé de l'inscrire dans les filières maïeutique et pharmacie, dont les effectifs définis par l'ARS et le MERSI sont complets, et proposé à cette étudiante d'intégrer la filière kinésithérapie, qu'elle avait choisie, mais qu'elle n'avait pas classée lors de ses choix. Par la présente requête, Mme B demande la suspension de cette décision.
4. A l'appui de sa demande de suspension, Mme B soutient que le doyen était incompétent, que l'université a entaché sa décision d'une méconnaissance de la chose ordonnée par le juge des référés et qu'elle n'établit pas l'absence de places dans les filières maïeutique et pharmacie.
5. En l'état de l'instruction, compte tenu notamment de la portée de la mesure d'injonction prononcée par le juge des référés dans son ordonnance du 29 août 2024 et des choix définitifs de filières formulés par Mme B, aucun de ces moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, y compris ses conclusions aux fins d'injonction, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais de l'instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.
Fait à Versailles le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
signé
Ch. Descours-Gatin La greffière,
signé
N. Gilbert
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
N°2408473
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