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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408514

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408514

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408514
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A, un ressortissant congolais, qui demandait l'annulation de la décision implicite de refus de changement de statut de son titre de séjour de "salarié détaché" vers "salarié". Le tribunal a constaté que la demande de titre de séjour n'avait pas été déposée conformément à l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qu'aucune décision implicite de rejet n'était née au terme du délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-1 du même code. En conséquence, les conclusions dirigées contre une décision inexistante ont été jugées manifestement irrecevables en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée sans qu'il soit nécessaire de l'inviter à la régulariser.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Netry, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé de procéder au changement de statut de son titre de séjour " salarié détaché " vers " salarié " ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17 " ;

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant congolais, qui est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 17 décembre 2026 mention " salarié détaché ITC ", justifie avoir déposé sur le site "demarches-simplifiees.fr" une demande de rendez-vous pour le renouvellement d'un titre de séjour avec changement pour le statut de salarié le 17 juillet 2024 auprès de la préfecture de l'Essonne. Toutefois, cette pièce ne saurait suffire à attester du dépôt d'une demande de titre au sens de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, seul à même de déclencher le délai de quatre mois prévu par les dispositions de l'article R. 432-1 du même code. Par suite, M. A ne peut se prévaloir de l'existence d'une quelconque décision implicite de rejet de sa demande de changement de statut, laquelle n'a pas non plus fait l'objet d'un classement sans suite. Les conclusions de la requête à fin d'annulation d'une telle décision de refus de séjour, dirigées contre une décision inexistante à cette date, sont, dès lors, irrecevables. Par suite, cette requête, qui ne saurait être régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 24 octobre 2024.

La Présidente de la 9ème chambre,

signé

Naïla Boukheloua.

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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