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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408524

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408524

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408524
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par M. B, réfugié, d’une requête en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, afin d’obtenir la délivrance d’une carte de résident. En défense, le préfet des Yvelines a fait valoir qu’une attestation de prolongation avait été mise à disposition du requérant et que son dossier avait été transféré à la préfecture du Rhône en raison de son nouveau domicile à Lyon. Le juge des référés a constaté que ces mesures rendaient la demande sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer, rejetant également les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. La décision applique les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ainsi que celles du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Gillioen, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui remettre dans l'attente une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de condamner l'Etat à verser la somme de 1 300 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisé dès lors qu'il n'a pas obtenu de carte de résident depuis plus de deux ans ;

- la demande est utile ;

- sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2024, le département des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que le recours déposé par M. B est sans objet dès lors qu'il a été attribué à l'intéressé une attestation de prolongation valable du 7 octobre 2024 au 6 avril 2025 et que le requérant est dorénavant domicilié à Lyon, son dossier ayant été transféré à la préfecture du Rhône.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant d'origine malienne, est né le 24 décembre 1994 à Brazzaville au Congo. Il a obtenu le statut de réfugié par l'OFPRA le 23 février 2022. Il expose avoir sollicité une demande de carte de résident en qualité de réfugié le 28 avril 2022. Il a obtenu une prolongation d'instruction le 16 novembre 2022 valable jusqu'au 15 mai 2023. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui remettre dans l'attente une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Dans son mémoire en défense, le préfet des Yvelines a indiqué que dans l'espace de l'ANEF se trouvait, à la disposition du requérant, une attestation de prolongation valable du 7 octobre 2024 au 6 avril 2025. De plus, le requérant ayant déclaré habiter à Lyon, le préfet des Yvelines a transféré à la préfecture du Rhône son dossier. Dans ces circonstances, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines et pour information au préfet du Rhône.

Fait à Versailles, le 17 octobre 2024,

Le président,

signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408524

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