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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408595

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408595

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408595
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDJEMAOUN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante ivoirienne, qui demandait la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour étudiant. Le juge a estimé que la requérante ne justifiait pas d'une situation d'urgence particulière, condition nécessaire pour bénéficier de la procédure de protection des libertés fondamentales dans un délai de 48 heures, dès lors qu'elle avait elle-même attendu plusieurs mois avant de saisir le tribunal. La demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 octobre 2024, Mme A, représenté par Me Djemaoun, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet du 20 juillet 2024 de sa demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour à titre provisoire, ou à défaut, tout document lui permettant d'établir la régularité de sa situation administrative, sans délai, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) à ce qu'il soit mis à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 422-5 ". L'article R. 422-5 vise la carte de séjour portant la mention " étudiant ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissant ivoirienne, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour étudiant expirant le 18 juin 2024, demande dont il a été accusé réception le 20 mars 2024. En application des dispositions citées au point précédent, le silence gardé par les services préfectoraux sur cette demande pendant plus de quatre-vingt-dix jours a fait naître une décision implicite de rejet le 21 juin 2024. Or si Mme A fait valoir que l'urgence à prendre les mesures sollicitées résulte de ce que son inscription universitaire et le dépôt de sa demande de bourse requièrent de joindre un titre de séjour aux dossiers qui doivent être déposés début octobre, elle n'a présenté la requête en référé que le 5 octobre 2024. Par suite, Mme A s'est elle-même placée dans une situation d'urgence et ne peut, dans ces conditions, être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence particulière, au sens et pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qui impliquerait qu'une mesure visant à sauvegarder les libertés fondamentales dont elle se prévaut soit prise dans le très bref délai de 48h prévu à cet article. Il y a lieu de rejeter sa requête en toutes ses conclusions par l'application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. () ". Dès lors qu'il n'est pas justifié d'une situation d'urgence, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

ORDONNE :

Article 1er : Mme A n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Versailles, le 8 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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