mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408792 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 24 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Saidi, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ou une attestation de prolongation d'instruction de sa demande dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, et de prendre une décision définitive sur sa demande dans le mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour dès 2021 mais qu'il a été très mal conseillé ; il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille mais a besoin de son salaire pour le faire ; il sera licencié, à défaut de tout titre de séjour ;
- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien, né le 31 décembre 1968, a, en dernier lieu le 6 février 2024, présenté une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. N'ayant reçu aucune réponse de la préfecture de l'Essonne, il demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ou une attestation de prolongation d'instruction de sa demande et de prendre une décision définitive sur sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. En l'espèce, M. A a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 9 avril 2021. Il soutient qu'il a effectué un certain nombre de démarches en vue de son renouvellement, mais qu'il a alors été mal conseillé à cette fin et avait des difficultés techniques. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier, et en tout état de cause, que le requérant n'a commencé ses démarches en vue du renouvellement de son titre de séjour que le 16 novembre 2021, soit plusieurs mois après son expiration, et que le dossier était incomplet, puis à nouveau le 27 août 2022 sans que cette dernière démarche aboutisse et sans que le requérant justifie les motifs de cet échec, et que ce n'est que le 6 février 2024 qu'il a effectué une nouvelle demande de titre de séjour. Compte-tenu de l'ensemble de ces circonstances, et en particulier du délai séparant l'expiration de son titre de séjour et le dépôt de sa demande le 6 février 2024, M. A peut être regardé comme s'étant placé lui-même dans la situation d'urgence dont il se prévaut. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions citées ci-dessus au point 2 ne peut être regardée comme satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions, en ce compris celles présentées au titre des frais d'instance et s'agissant de la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er r : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 20 novembre 2024.
La juge des référés,
signé
E. Marc
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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