jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2024, Mlle C A, représentée par Me Ba, doit être regardée comme demandant au Tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile ;
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre des frais de l'instance.
Elle soutient que l'arrêté est :
- dépourvu d'une motivation suffisante ;
- entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 3 du règlement européen 343/2003 car elle a de la famille en France en situation régulière.
La préfète de l'Essonne a produit des pièces enregistrées le 21 octobre 2024.
Elle doit être regardée comme soutenant que les moyens soulevés par Mlle A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 343/2003 du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour se prononcer sur les litiges mentionnés aux articles L. 776-1, L. 776-2,L. 771-1 à L. 777-3 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gosselin, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 24 octobre 2024 en présence de M. Rion, greffier.
- en présence de M. B, interprète en langue peul ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mlle C A, de nationalité mauritanienne, née le 10 février 1999 à Leboully (Mauritanie), a déposé une demande d'asile le 11 septembre 2024 ; la consultation des données de l'unité centrale Eurodac lors de l'instruction de cette demande a révélé qu'elle a franchi irrégulièrement la frontière espagnole en venant d'un pays tiers et y a déjà demandé l'asile le 17 août 2024. Les autorités espagnoles, saisies par la préfète de l'Essonne le 18 septembre 2024 d'une demande de reprise en charge de l'intéressé ont donné leur accord implicite pour la réadmission de celle-ci. Par arrêté du 10 octobre 2024, la préfète de l'Essonne a décidé de remettre Mlle A aux autorités espagnoles ; cette dernière demande l'annulation de cet arrêté.
2. La décision attaquée mentionne l'état civil de la requérante, ainsi que sa situation familiale et administrative. Elle comporte ainsi les éléments nécessaires à sa contestation, sur lesquels la préfète de l'Essonne a fondé sa décision. Elle est par suite suffisamment motivée.
3. Mlle A se fonde ensuite sur les dispositions de l'article 3 du règlement n° 343/2003 susvisé. Toutefois, ce règlement a été abrogé par les dispositions de l'article 48 du règlement n° 604/2013 susvisé.
4.A supposer que Mlle A invoque les dispositions de l'article 17 de ce dernier règlement, ce qu'elle n'indique pas étant absente et non représentée à l'audience, la faculté qu'ont les autorités françaises d'examiner une demande d'asile présentée par un ressortissant d'un État tiers, alors même que cet examen ne leur incombe pas, relève de l'entier pouvoir discrétionnaire du préfet, et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Si Mme A fait état de la présence de son père en France, il ressort des pièces du dossier qu'elle a vécu de longues années séparée de lui et qu'elle ne se prévaut d'aucune fragilité particulière. Par suite, la décision attaquée n'a pas méconnu les dispositions de l'article 17.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mlle A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Essonne du 10 octobre 2024. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mlle A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mlle C A et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
C. Gosselin Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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