mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408897 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Genies, demande au tribunal, statuant en application des dispositions de l'article L. 779-1 du code de justice administrative, d'annuler l'arrêté n° 2024-100 du 14 octobre 2024 par lequel le maire de la commune de Villejust a mis en demeure les occupants sans droit ni titre du parking situé sur le territoire communal permettant l'accès au Parc des 2 Lacs ainsi qu'à la Grande Salle des Fêtes (parcelle cadastrée n° AH 38) de quitter ce site dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa notification, et de mettre à la charge de la commune une somme de 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Ribeiro-Mengoli, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 779-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " () II.- En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux () / II bis.- Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au II, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l'exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine () ".
3. Enfin, aux termes de l'article L. 779-1 du code de justice administrative : " Les requêtes dirigées contre les décisions de mise en demeure de quitter les lieux mentionnées au II bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage sont présentées, instruites et jugées dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ". L'article R. 779-1 du même code prévoit que : " Les requêtes dirigées contre les décisions de mise en demeure de quitter les lieux mentionnées au II bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code applicables aux requêtes en annulation, sous réserve des dispositions du présent chapitre. ".
4. Par un arrêté du 14 octobre 2024, le maire de la commune de Villejust a mis en demeure les occupants sans droit ni titre du parking situé sur le territoire communal permettant l'accès au Parc des 2 Lacs ainsi qu'à la Grande Salle des Fêtes (parcelle cadastrée n° AH 38) de quitter ce site dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa notification. M. A, qui occupe ce terrain, demande au tribunal, statuant en application de l'article L. 779-1 du code de justice administrative, d'annuler cette décision.
5. La décision dont M. A demande l'annulation émane du maire de la commune de Villejust et a été prise sur le fondement des dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. Elle n'entre donc pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 779-1 du code de justice administrative, la procédure prévue par cet article ne concernant que les décisions de mise en demeure de quitter les lieux prises par le préfet mentionnées au II bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000. Par suite, la requête de M. A, qui ne relève pas du champ d'application des dispositions mentionnées au point 3, est manifestement irrecevable et peut être rejetée sur le fondement des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A.
Copie en sera transmise, pour information, à la commune de Villejust et à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 15 octobre 2024.
La magistrate désignée
signé
N. Ribeiro-Mengoli
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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