Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par M. C... d'une requête signalant la diffusion d'un tract par une candidate avant l'ouverture de la campagne électorale des élections municipales de Soisy-sur-école. Le juge a rejeté cette requête comme manifestement irrecevable, au motif qu'elle ne constituait pas une protestation électorale au sens des articles L. 248 et R. 119 du code électoral et qu'elle était prématurée, présentée avant le scrutin. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024, M. B... C... « attire [l’] attention » du tribunal sur la diffusion d’un tract qu’il met en lien avec les prochaines élections municipales de la commune de Soisy-sur-école (Essonne).
Il soutient que Mme D... A..., de la liste « Tous Unis pour Soisy », a diffusé dans les boîtes aux lettres et sur les réseaux sociaux un tract devant être regardé comme un tract électoral avant le début de la campagne électorale, ouverte pour le premier tour à compter du 18 novembre 2024 à zéro heure et s’achevant le 30 novembre suivant à minuit, en vertu de l’article 6 de l’arrêté préfectoral n° 2024-PRFE-DRCL/222 du 9 octobre 2024.
Vu :
les autres pièces du dossier ;
le code de justice administrative.
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ; ».
2. Aux termes de l’article L. 248 du code électoral : « Tout électeur et tout éligible a le droit d'arguer de nullité les opérations électorales de la commune devant le tribunal administratif. / Le préfet, s'il estime que les conditions et les formes légalement prescrites n'ont pas été remplies, peut également déférer les opérations électorales au tribunal administratif. ». Aux termes de l’article R. 119 du même code : « Les réclamations contre les opérations électorales doivent être consignées au procès-verbal, sinon être déposées, à peine d'irrecevabilité, au plus tard à dix-huit heures le cinquième jour qui suit l'élection, à la sous-préfecture ou à la préfecture. Elles sont immédiatement adressées au préfet qui les fait enregistrer au greffe du tribunal administratif. / Les protestations peuvent également être déposées directement au greffe du tribunal administratif dans le même délai. / (...) ».
3. Le juge administratif ne peut se prononcer sur des irrégularités entachant le déroulement de la campagne électorale ou la période antérieure ou postérieure à celle-ci que lorsqu’il est saisi en tant que juge de l’élection d’une demande tendant à l’annulation des opérations électorales. M. B... se borne dans sa requête à attirer l’attention du tribunal sur la diffusion d’un tract avant l’ouverture de la campagne électorale relative aux prochaines élections municipales de la commune de Soisy-sur-école, prévues les 1er et 8 décembre prochains.
3. Cette requête, qui se borne à signaler au tribunal la diffusion d’un tract avant l’ouverture de la campagne électorale pour le premier tour des élections municipales de la commune de Soisy-sur-école prévues les 1er et 8 décembre 2024, ne peut être regardée comme une protestation contre les opérations électorales au sens des dispositions précitées des articles L. 248 et R. 119 du code électoral. En toute hypothèse, présentée antérieurement au premier tour du scrutin des élections municipales de la commune de Soisy-sur-école, la requête est prématurée. Elle est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui ne peut être régularisée. Il y a lieu, dans ces conditions, de la rejeter par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C....
Une copie en sera adressée, pour information, à la préfecture de l'Essonne et à la commune de Soisy-sur-école.
Fait à Versailles, le 24 octobre 2024.
La présidente de la 6ème chambre,
signé
J. LELLOUCH
La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.