vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2409271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2024, Mme C A, représentée par Me Ormillien, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la préfète de lEssonne, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et d'accélérer le délai de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence est rempli dès lors que l'absence de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour lui a fait perdre son emploi ;
- cette situation porte atteinte à ses droits élémentaires ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu'en l'absence de celle-ci elle ne peut justifier de la régularité de son séjour en France ;
- cette mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- elle ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête de Mme A a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante malienne née le 17 avril 1976, s'est vu délivrer un titre de séjour valable du 30 mars 2023 au 29 mars 2024. Le 6 février 2024, l'intéressée a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour et s'est vu remettre un récépissé avec autorisation de travail valable jusqu'au 29 juin 2024, renouvelé jusqu'au 24 septembre 2024. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail et d'accélérer le traitement de sa demande de délivrance d'un titre de séjour.
2. D'une part, aux termes, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. D'autre part, aux termes, de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26. ".
5. Il résulte de l'instruction que Mme A a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 6 février 2024 et s'est vu remettre à cette occasion un premier récépissé valable jusqu'au 29 juin 2024, renouvelé jusqu'au 24 septembre 2024. Si la requérante demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un nouveau récépissé et d'accélérer l'instruction de sa demande, une décision implicite de rejet de cette demande de renouvellement de son titre de séjour est nécessairement née quatre mois après son dépôt, par application des dispositions citées au point précédent. En outre, la mesure sollicitée ne saurait être regardée comme permettant de prévenir un péril grave. Il s'ensuit que la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative et que les conclusions de Mme A ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées. Au demeurant, l'intéressée ne justifie d'aucune démarche auprès des services de la préfecture de l'Essonne pour obtenir le renouvellement du dernier récépissé qui lui a été accordé valable jusqu'au 24 septembre 2024.
6.Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et d'accélérer le délai de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée
.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur.
Copie sera adressée à la préfète de l'Essonne
Fait à Versailles, le 13 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
R. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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