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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409277

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409277

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409277
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. B pour obtenir un examen urgent de la demande de duplicata du titre de séjour de son épouse, bloquée en Guinée. Le juge a constaté l'urgence et l'utilité de la mesure, la préfecture n'ayant pas contesté les faits. Il a enjoint à la préfète de l'Essonne de statuer sur cette demande de duplicata dans un délai de quinze jours, sans se prononcer sur la délivrance du visa de retour, relevant que ce litige relève de la compétence du tribunal administratif de Nantes. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 312-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 et 28 octobre 2024, M. D B doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la sous-préfecture de Palaiseau d'examiner en urgence la demande de délivrance de duplicata du titre de séjour de Mme C A pour que lui soit délivré un visa de retour par les autorités consulaires françaises en Guinée et de mettre en place toutes mesures nécessaires pour permettre le retour de l'intéressée.

Il soutient que :

- l'urgence tient au fait que son épouse, Mme A, est actuellement bloquée en Guinée alors qu'elle est titulaire d'un titre de séjour ;

- la situation cause un préjudice grave à sa famille ;

- l'administration a méconnu l'article L. 312-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant français né le 17 avril 1986, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la sous-préfecture de Palaiseau d'examiner dans les meilleurs délais la demande de délivrance à son épouse, Mme A, ressortissante guinéenne née le 16 mai 1998, d'un duplicata de son titre de séjour afin qu'elle puisse se voir délivrer un visa de retour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme C A est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " Passeport Talent (Famille) " valable jusqu'au 16 avril 2026. M. B, qui réside à la même adresse que Mme A et dont il n'est pas contesté qu'il est l'époux de cette dernière, indique que Mme A a perdu son titre de séjour dans l'aéroport Charles de Gaulle à Paris au moment de son départ en Guinée, en août 2024. Les autorités consulaires françaises en Guinée refusant de délivrer à Mme A un visa de retour sans disposer de son titre de séjour, elle a formulé une demande de duplicata de ce titre sur le site de l'ANEF le 14 septembre 2024.

4. Il résulte de l'instruction, et notamment des échanges entre le consulat de France en Guinée et M. B, que Mme A ne pourra se voir délivrer de visa de retour qu'après délivrance d'un duplicata de son titre de séjour, qu'elle a demandé le 14 septembre 2024. M. B justifie des démarches accomplies pour obtenir une réponse de la préfecture sur cette demande et fait valoir en outre, sans être contredit, qu'il se trouve en France avec les enfants du couple et que cette situation emporte des conséquences négatives sur sa situation familiale et professionnelle. La préfète de l'Essonne n'ayant produit aucun mémoire ni aucune pièce, la demande de M. B doit être regardée comme présentant un caractère d'urgence au regard des éléments qu'il avance, est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de statuer sur la demande de duplicata du titre de séjour de Mme A, dont la validité expire le 16 avril 2026, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

5. Par ailleurs, à supposer même que M. B ait entendu demander au juge des référés d'ordonner la délivrance d'un visa de retour à Mme A, il n'appartiendrait pas au tribunal de Versailles de connaître d'une telle demande dès lors que, en application des dispositions de l'article R. 312-18 du code de justice administrative, les litiges relatifs au rejet des demandes de visa d'entrée sur le territoire de la République française relevant des autorités consulaires ressortissent à la compétence du tribunal administratif de Nantes.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne d'examiner la demande de délivrance d'un duplicata du titre de séjour de Mme C E A valable jusqu'au 16 avril 2023, enregistrée le 14 septembre 2024, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, au ministre de l'intérieur et à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 11 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Mauny

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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