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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409343

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409343

mercredi 23 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409343
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGARAVEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B contestant un arrêté du préfet de l'Essonne du 18 août 2023 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La requête, enregistrée le 25 octobre 2024, était tardive car introduite au-delà du délai de recours de trente jours suivant la notification de l'arrêté le 23 août 2023, conformément aux articles L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 du code de justice administrative. La demande d'aide juridictionnelle, formulée après l'expiration de ce délai, n'a pu interrompre le délai de recours. L'ordonnance a été rendue sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Garavel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de la munir, le temps de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2025, la préfète de l'Essonne oppose une fin de non-recevoir à la requête, qui est tardive et à titre subsidiaire soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une décision du 18 janvier 2024, Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Kaczynski, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer selon la procédure prévue par cet article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller" désignés à cet effet par le président de leur juridiction" peuvent, par ordonnance () / Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

2. En vertu des dispositions du I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative, et conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise à la suite d'un refus de titre de séjour, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire ou au pays de renvoi notifiées simultanément.

3. Il ressort des pièces du dossier, et comme le fait valoir en défense la préfète de l'Essonne, que l'arrêté attaqué en date du 18 août 2023 a été notifié à Mme B le 23 août 2023 et comportait l'indication des voies et délais de recours. Le pli contenant cette décision a été notifié par voie de lettre avec accusé de réception, la destinataire, qui en a été avisée le 23 août 2023, n'a pas réclamé le courrier. La présente requête, qui tend à l'annulation de cet arrêté, a été enregistrée au greffe du tribunal le 25 octobre 2024, soit au-delà du délai de trente jours prescrit par les dispositions des articles citées au point précédent. Si la requérante a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette demande a également été formulée, le 30 octobre 2023, postérieurement à l'expiration du délai de recours juridictionnel. Dès lors, la requête, tardive, est manifestement irrecevable et une telle irrecevabilité ne pouvant être régularisée, il y a lieu de la rejeter la requête en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 29 avril 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

D. Kaczynski

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies d'exécution contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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