vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2409712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés les 9 et 18 novembre 2024, M. A B demande au juge des référés :
1°) d'annuler la décision de clôture de l'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de résident algérien ;
2°) d'enjoindre à l'administration de renouveler sans délai son certificat de résident d'une durée de dix ans.
Il soutient que :
- sa demande de renouvellement, aussi tardive soit-elle, ne peut être sanctionnée par une clôture d'instruction sans raison valable ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'impossibilité de renouveler son titre de séjour fait obstacle à l'obtention du crédit immobilier sollicité et peut avoir de graves conséquences pour sa situation professionnelle.
La préfète de l'Essonne, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hecht, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 10 avril 1984, a bénéficié d'un titre de séjour d'une durée de dix ans, valable jusqu'au 5 juin 2024. Le 2 mai 2024, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour sur la plate-forme numérique du ministère de l'intérieur. Le 9 août 2024, il a reçu une notification de clôture de sa demande. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'annuler la décision de clôture de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, et d'enjoindre à l'administration de renouveler sans délai son certificat de résident d'une durée de dix ans.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. En demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'annuler la décision de clôture de l'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de résident algérien et d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour, M. B demande une mesure qui n'est pas au nombre de celles que le juge des référés, qui peut uniquement prononcer des mesures à caractère provisoire, peut prendre. En outre, s'il soutient que la décision de clôture d'instruction en litige a été illégalement motivée par le caractère tardif de sa demande, il ressort des termes mêmes de cette décision qu'elle a été prise en raison d'une erreur dans la rubrique où a été déposée cette demande. Enfin, et en tout état de cause, il ne résulte de l'instruction ni que M. B serait dans l'impossibilité d'obtenir le crédit immobilier sollicité en raison de l'instruction de sa demande de titre, ni que sa situation professionnelle serait menacée, alors qu'il ressort des méls fournis, en date des 9 et 18 novembre 2024, qu'une attestation de prolongation lui sera délivrée dès que l'agent instructeur aura pris connaissance de son dossier.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 précité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 22 novembre 2024.
Le juge des référés,
signé
S. Hecht
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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