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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409858

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409858

vendredi 15 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409858
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAIDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension du refus d’autorisation d’instruction en famille pour l’enfant de Mme C. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute de preuves suffisantes établissant une atteinte grave et immédiate à la situation de l’enfant. La décision s’appuie sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative, sans qu’il soit nécessaire d’examiner le doute sérieux sur la légalité du refus.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2024, Mme A C, représentée par Me Saidi, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 1er octobre 2024 de refus d'autorisation d'instruction en famille de sa fille D B, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre à l'administration compétente de permettre la scolarisation à domicile de sa fille dans l'attente d'une décision au fond pour l'année 2024/2025 ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi de 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision litigieuse préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de sa fille, enfant fragile psychologiquement, craintive et très sensible et que la rentrée est déjà entamée depuis deux mois ;

- le motif de refus est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'un parent qui agit seul pour des " actes usuels " n'a pas besoin de prouver l'accord de l'autre parent.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2409857 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de Mme C, il y a lieu d'admettre celle-ci au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

4. Pour établir l'urgence, Mme C soutient que la décision préjudicie à la situation de sa fille, enfant fragile psychologiquement, craintive et très sensible et souligne que la rentrée est entamée depuis deux mois. Toutefois, les pièces produites, notamment celles établies en mars 2024 par une psychologue et un médecin généraliste, sont très peu circonstanciées et ne permettent pas de caractériser que l'état psychologique de l'enfant ferait obstacle à une scolarisation eu sein d'un établissement scolaire. A cet égard, dans l'un des certificats, la psychologue se borne à relever que " Lina souhaite continuer sa scolarité à domicile où elle se sent en sécurité et à l'aise " et indique dans l'autre qu'à son avis, " une inscription en SEGPA sera plus adaptée pour ses compétences ". Au vu des éléments produits à l'appui de la requête, Mme C n'établit pas ainsi une atteinte grave et immédiate à la situation ou aux droits de sa fille, alors qu'au demeurant la scolarisation dans un établissement d'enseignement ne peut porter par elle-même une telle atteinte. Par suite, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut pas, en l'espèce, être considérée comme remplie.

5. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de Mme C ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Versailles, le 15 novembre 2024.

Le juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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