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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409884

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409884

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409884
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative par une ressortissante sri-lankaise, Mme C, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet des Yvelines de lui renouveler son titre de séjour et de lui fixer un rendez-vous, en raison de dysfonctionnements dans la prise de rendez-vous dématérialisée. En cours d'instance, le préfet a convoqué la requérante pour déposer sa demande, rendant sans objet les conclusions à fin d'injonction. Le juge des référés a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions et a rejeté le surplus des demandes, notamment celles relatives aux frais de justice. La décision applique les articles L. 521-3 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 14 novembre 2024, Mme C demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui renouveler son titre de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une convocation afin de déposer sa demande de titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme que le tribunal jugera utile en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'impossibilité de faire enregistrer, dans un délai raisonnable, sa demande de renouvellement de titre de séjour fait obstacle à l'instruction de son dossier, alors qu'elle en remplit les conditions, et l'expose à un risque d'éloignement ; elle ne peut pas continuer à vivre décemment avec sa famille ;

- la mesure est utile pour pallier les importants dysfonctionnements induits par la dématérialisation de la procédure de prise de rendez-vous à la préfecture ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête, et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requête a perdu son objet, la requérante ayant reçu une convocation pour le 3 décembre 2024 à 13 heures 30.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante srilankaise, née le 10 novembre 2004, expose avoir sollicité en vain auprès du préfet des Yvelines l'obtention d'un rendez-vous en vue de sa demande de renouvellement de son titre de séjour qu'elle a déposée le 11 juillet 2023, mais qu'aucun rendez-vous ne lui a été proposé. Elle demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer son titre de séjour et de fixer un rendez-vous dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, qui ne peut statuer que par des mesures provisoires, d'enjoindre au préfet des Yvelines de délivrer à la requérante un titre de séjour, il résulte de l'instruction que, le 18 novembre 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet des Yvelines a informé la requérante de ce que cette dernière était convoquée en préfecture le 3 décembre 2024 à 13 heures 30, afin de déposer sa demande de titre de séjour. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête qui ont perdu leur objet.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 6 décembre 2024.

La juge des référés,

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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