vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2410494 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer, dans un délai de 48 heures, un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'ordonner la prise en charge prioritaire de son dossier afin qu'elle soit régularisée dans les plus brefs délais.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que son contrat de travail a été suspendu, ce qui la prive de revenus ; elle encourt un risque de rupture professionnelle ; la décision emporte des conséquences graves sur sa vie privée et familiale ;
- la condition de l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale est remplie ; son droit au travail est méconnu en méconnaissance de l'article 5 de la directive 2011/98/UE ; cette situation la place dans une situation de précarité économique et porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; l'obligation de traitement diligent des dossiers administratifs est méconnue.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. /
Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande./Lorsque l'étranger mentionné aux 2°, 3° ou 4° de l'article R. 431-5 a déposé une demande complète dans le respect du délai auquel il est soumis, le préfet est tenu de mettre à sa disposition via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code, applicable aux demandes de titre de séjour présentées sans recours au téléservice mentionné ci-dessus : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. (). / () ".
3. Mme B était titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", valable jusqu'au 14 novembre 2024, dont elle indique avoir sollicité le renouvellement sur le site démarches simplifiées le 9 septembre 2024. A l'occasion d'un rendez-vous à la sous-préfecture de Palaiseau le 25 octobre 2024, son dossier a été regardé comme incomplet et elle a été invitée à déposer une nouvelle demande de rendez-vous. Elle soutient qu'elle n'a reçu aucune convocation en dépit de ses relances, alors que son contrat de travail est suspendu depuis le 14 novembre 2024. Toutefois, il résulte de ses propres écritures qu'elle n'a pas déposé de demande de titre via le téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle n'a pas pu déposer à la préfecture un dossier complet de demande de renouvellement de titre de séjour. De ce fait, aucune attestation de prolongation de l'instruction de sa demande ni aucun récépissé ne peut lui être délivré et ses conclusions d'injonction à cette fin ne peuvent qu'être rejetées. Eu égard à cette même circonstance, elle ne peut pas non plus prétendre à ce qu'il soit enjoint à l'administration de régulariser sa situation, ou même d'examiner dans les meilleurs délais son droit au séjour. Il lui est loisible en revanche, ainsi qu'il lui a été précédemment indiqué, de saisir le juge des référés dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de l'urgence et sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que les demandes présentées par Mme B doivent être rejetées comme manifestement mal fondées, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles le 6 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. Mauny
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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