vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2410566 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Tichit, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours gracieux du 30 septembre 2024 tendant à la restitution de 9 points retirés de son permis de conduire relatifs aux infractions pour usage d'un téléphone tenu en main, infractions relevées le 29 mai 2019 à 09h55 à Viry-Châtillon, le 9 janvier 2020 à 15h52 à Montlhery et le 1er février 2022 à 15h35 à Boissy-sous-Saint-Yon ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est conducteur d'autocar et pourrait être licencié ; qu'il doit suivre une formation continue obligatoire le 19 décembre 2024 lors de laquelle il devra impérativement être muni de son permis de conduire valide ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors qu'il a contesté ces trois infractions auprès du parquet du tribunal de police d'Evry et qu'il est présumé innocent.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2410564 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Pour justifier de la condition d'urgence, M. A soutient qu'il est conducteur d'autocar, qu'il doit suivre une formation continue obligatoire le 19 décembre 2024 lors de laquelle il devra impérativement être muni de son permis de conduire valide et qu'il pourrait être licencié. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé d'information intégral produit, que le permis de conduire du requérant a été annulé le 12 septembre 2022 à la suite de la commission de neuf infractions et que M. A a commis cinq nouvelles infractions postérieurement à cette annulation. La mesure d'invalidation du permis de conduire de M. A répond par conséquent, eu égard au caractère répété des infractions au code de la route commises par ce dernier et au comportement que ces infractions révèlent, à des exigences de protection et de sécurité routière. Compte tenu de l'intérêt public lié à la préservation de la sécurité routière qui s'attache à cette décision, l'urgence ne peut être regardée comme constituée. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête à fin de suspension sans qu'il soit besoin d'examiner le sérieux du moyen invoqué et de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Versailles, le 6 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
J. Sauvageot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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