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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410625

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410625

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410625
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante ukrainienne bénéficiaire de la protection temporaire, qui contestait le refus de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, faute d'éléments circonstanciés démontrant un risque imminent, et a relevé que le préfet avait convoqué l'intéressée pour régulariser sa situation. La demande a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner le bien-fondé de l'atteinte aux libertés fondamentales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 9 décembre 2024, Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du préfet des Yvelines en date du 6 décembre 2024 portant refus de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer, au plus tard le 9 décembre 2024, l'attestation provisoire de séjour mentionnée à l'article L. 581-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 100 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle ne pourra plus justifier de la régularité de son séjour à l'expiration de son autorisation provisoire de séjour et risque de voir sa bourse d'études retirée et son bail d'habitation résilié ;

- le refus de renouveler son autorisation provisoire de séjour est illégal dès lors qu'il a été pris en méconnaissance des dispositions des articles L. 581-3 et R. 581-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte atteinte aux droits attachés au bénéfice de la protection temporaire qui lui a été accordée.

Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2024, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que Mme B est convoquée mardi 10 décembre 2024 à la préfecture afin de renouveler son autorisation provisoire de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Amar-Cid, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 9 décembre 2024, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière, le rapport de Mme Amar-Cid, juge des référés a été entendu, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14h20.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre la décision du préfet des Yvelines en date du 6 décembre 2024 portant refus de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour et d'enjoindre à ce dernier de lui délivrer, au plus tard le 9 décembre 2024, l'attestation provisoire de séjour mentionnée à l'article L. 581-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

2. En premier lieu, la circonstance que le préfet des Yvelines a adressé à Mme B en cours d'instance une convocation au guichet de la préfecture pour le mardi 10 décembre 2024 à 13h30 n'a pas pour effet de priver d'objet ces conclusions. Il y a donc lieu d'écarter l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense.

3. En second lieu, en vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le juge des référés peut, en cas d'urgence caractérisée, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. La mise en œuvre des pouvoirs particuliers prévus à l'article L. 521-2 est subordonnée à l'existence d'une situation impliquant, sous réserve que les autres conditions fixées à cet article soient remplies, qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante ukrainienne née en 2006, est titulaire d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection temporaire valable jusqu'au 9 décembre 2024. Elle soutient que le renouvellement de cette autorisation lui a été refusé oralement par un agent de la préfecture des Yvelines le 6 décembre 2024 et qu'elle risque, du fait de ce refus, de voir sa bourse d'études retirée et son bail d'habitation résilié, faute de pouvoir justifier de la régularité de son séjour. Toutefois, elle ne fait état d'aucun élément circonstancié justifiant l'imminence des risques qu'elle allègue. En outre, le préfet des Yvelines lui a remis, en cours d'instance, une convocation au guichet de la préfecture pour le mardi 10 décembre 2024 à 13h30 en vue du renouvellement de son autorisation provisoire de séjour. Dans ces conditions, Mme B n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées par l'intéressée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ainsi, par suite, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 9 décembre 2024.

La juge des référés,

signé

J. Amar-Cid

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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