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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410650

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410650

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410650
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la demande de Mme A. Celle-ci sollicitait le renouvellement sous 48 heures de son titre de séjour, invoquant une atteinte à ses libertés fondamentales (droit au travail, à une vie décente et à la libre circulation). Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car la requérante a elle-même créé la situation d'urgence en déposant sa demande de renouvellement le 20 septembre 2024, soit près d'un an après l'expiration de son précédent titre le 4 novembre 2023, en méconnaissance des délais prévus à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, Mme B A demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'ordonner à la sous-préfecture de Palaiseau de procéder sans délai au renouvellement de son titre de séjour.

Elle soutient que :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors que la situation compromet sa formation et sa stabilité financière ;

- son droit de travailler est affecté car elle ne peut signer son contrat d'alternance, tout comme son droit de vivre décemment car elle a perdu le droit aux subventions de la caisse d'allocations familiales et son droit d'aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante ivoirienne née le 19 juillet 1999, entrée en France en 2017, a déposé une demande de renouvellement de carte de séjour le 20 septembre 2024, restée sans réponse à ce jour. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la sous-préfecture de Palaiseau de procéder sans délai au renouvellement de son titre de séjour.

Sur les conclusions présentées en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. À la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, un requérant qui fonde son action sur la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code doit justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1 L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ".

5. Mme A soutient avoir déposé une demande de renouvellement de son titre le 20 septembre 2024 et n'avoir aucune nouvelle de l'administration depuis cette date, son dossier étant renseigné comme " en dépôt ", et n'avoir pas été en mesure de compléter son dossier à la suite de la réception de pièces complémentaires reçues après le 20 octobre 2024. Elle précise que cette situation l'empêche de conclure un contrat d'apprentissage et de poursuivre sa formation et qu'elle a perdu le bénéfice d'allocations délivrées par la caisse d'allocations familiales et ne peut voyager librement. Il ressort toutefois des pièces de Mme A que l'intéressée n'a déposé que le 20 septembre 2024 la demande de renouvellement du titre de séjour ayant expiré le 4 novembre 2023, soit postérieurement au délai prescrit à l'article R. 431-5 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et ne justifie pas avoir accompli de démarches avant l'expiration de son dernier titre de séjour, se plaçant ainsi elle-même dans la situation d'urgence qu'elle conteste. Mme A ne justifie donc pas, au regard en particulier des démarches qu'elle justifie avoir accomplies et de la situation dont elle se prévaut, d'une situation qui impliquerait qu'une mesure soit prise dans un délai de quarante-huit heures en application des dispositions précitées. Par suite, la condition tenant à l'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administratives ne peut être regardée comme étant remplie. Il y a donc lieu de rejeter la requête de M. A selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 9 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

P. Fraisseix

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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