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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410739

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410739

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410739
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTUENDIMBADI KAPUMBA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait la suspension de son placement en rétention administrative. Le juge a estimé que cette contestation relevait de la compétence exclusive du juge judiciaire, en application des articles L. 741-10 et L. 743-1 à L. 743-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, la demande a été rejetée comme manifestement irrecevable devant la juridiction administrative, sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'urgence ou le bien-fondé de l'affaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Tuendimbaki Kapumba, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision le plaçant en rétention ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa situation administrative sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

- La condition de l'urgence est remplie dès lors qu'il est placé en rétention pour la mise en exécution d'une obligation de quitter le territoire français prévue le 23 décembre 2024 ;

- Il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en qualité de parent d'enfants mineurs français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte des dispositions des articles L. 741-10 et L. 743-1 à L. 743-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au " Contrôle de la rétention par l'autorité judiciaire " et notamment de l'article L. 743-3, que le magistrat du siège du tribunal judiciaire est seul compétent pour statuer sur les requêtes formées par l'étranger aux fins de contestation de la décision de placement en rétention. Par suite, les conclusions du requérant tendant à la suspension de la décision le plaçant en rétention et par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées comme ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 11 décembre 2024.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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