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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410750

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410750

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410750
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante colombienne, qui demandait l’enregistrement de sa demande de titre de séjour et la délivrance d’un récépissé avec autorisation de travail. La juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas établie, faute pour la requérante de démontrer les conséquences immédiates de l’absence de récépissé sur sa situation. En conséquence, la demande a été rejetée sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’atteinte aux libertés fondamentales invoquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Bahic, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Bahic en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et en cas de refus d'admission définitive à l'aide juridictionnelle à verser à Mme B.

Elle soutient que :

- La condition de l'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve en situation irrégulière depuis le 23 novembre 2024 et peut à tout moment faire l'objet d'une mesure d'éloignement ; en l'absence de titre elle se trouve empêchée de poursuivre ses études, de trouver un emploi et de bénéficier des droits à la sécurité sociale et des prestations familiales ;

- L'absence d'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de délivrance d'un récépissé porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, le comportement de l'administration porte gravement atteinte à sa situation et méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante colombienne née en 2005, est entrée en France à l'âge de trois ans. Le 25 janvier 2024, elle a déposé sur la plateforme démarches-simplifiées une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L.423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

3. Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

5. Pour justifier de l'urgence à obtenir du juge des référés la mesure sollicitée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requérante soutient, qu'en n'enregistrant pas sa demande de titre de séjour et en ne lui délivrant pas de récépissé, l'administration a porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et qu'elle se trouve ainsi empêchée de poursuivre ses études, de trouver un emploi et de bénéficier des droits à la sécurité sociale et des prestations familiales. Toutefois et en tout état de cause, elle ne produit à l'instance aucune pièce de nature à démontrer la réalité des conséquences immédiates qu'aurait pour elle l'absence d'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de délivrance d'un récépissé. Dans ces conditions, elle ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et ce sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

ORDONNE :

Article 1er : Mme B n'est pas admise au bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Versailles, le 11 décembre 2024.

La juge des référés,

signé

C. Rollet-Perraud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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