jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2410753 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, la SARL EPTP, représentée par Me Deboosere-Lepidi, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a mise en demeure de respecter dans le délai d'un mois les dispositions des articles 2 et 3 de l'arrêté préfectoral de mise en sécurité et de mesures d'urgence s'agissant des parcelles cadastrées AR 12 sur la commune de Saint-Rémy-l'Honoré et ZC53 sur la commune du Tremblay-sur-Mauldre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle a été placée en redressement judiciaire et qu'elle n'est pas en mesure de supporter le montant de l'amende de 100 000 euros mis à sa charge ;
- la décision porte atteinte à sa liberté d'entreprendre ;
- elle est illégale dès lors que la DRIEAT avait l'obligation de répondre favorablement à sa demande de rendez-vous pour trouver une solution amiable ou à défaut de justifier le refus de rendez-vous ;
- elle repose sur une note de cadrage de portée générale dont elle n'a jamais eu connaissance, il y a ainsi une méconnaissance des droits de la défense, du principe du contradictoire et de l'obligation de motivation des décisions individuelles défavorables ;
- l'administration a porté une appréciation erronée sur les projets de remblais au vu des articles L. 541-31, L. 541-32, R. 421-19, R. 421-23, R. 541-7-1 et R. 541-8 du code de l'environnement et de la directive n° 2008/98/CE ;
- le rapport de l'inspecteur de l'environnement du 16 juillet 2024 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît l'article L. 541-2 du code de l'environnement ;
- les mesures prises sont disproportionnées au regard de la gravité de l'infraction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2410752 par laquelle la SARL EPTP demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ".
2. Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public ". L'article L. 522-3 de ce code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence à obtenir du juge des référés la mesure de suspension sollicitée, la société requérante fait valoir qu'elle a été placée en redressement judiciaire le 10 septembre 2024 et qu'elle n'est dès lors pas en mesure de supporter le montant de l'amende de 100 000 euros mis à sa charge au risque de se trouver en situation de cessation de paiement. Toutefois, l'arrêté dont la SARL EPTP demande la suspension par la présente requête n'a ni pour objet ni pour effet de prononcer une amende administrative à son encontre mais de la mettre en demeure de respecter les dispositions des articles 2 et 3 de l'arrêté préfectoral de mise en sécurité et de mesures d'urgence s'agissant des parcelles cadastrées AR 12 sur la commune de Saint-Rémy-l'Honoré et ZC53 sur la commune du Tremblay-sur-Mauldre. Par suite, les circonstances que la société requérante invoque ne sont pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence à suspendre l'arrêté en litige du 3 octobre 2024. Par suite, la condition relative à l'urgence ne saurait être regardée comme satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter la requête de la SARL ETPT en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SARL EPTP est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL EPTP.
Fait à Versailles, le 12 décembre 2024.
La juge des référés,
signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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