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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410779

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410779

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410779
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête en référé de M. A, ressortissant camerounais, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous urgent pour le renouvellement de son titre de séjour étudiant. Le juge des référés estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car le délai d'instruction de moins de deux mois depuis le dépôt des pièces complémentaires le 26 novembre 2024 n'est pas excessif et ne justifie pas une dérogation à l'ordre normal d'examen des demandes. La solution retenue s'appuie sur les principes dégagés par la jurisprudence relative à l'obligation pour l'administration de traiter les demandes dans un délai raisonnable, sans qu'une urgence particulière soit démontrée en l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2024, M. B A demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne (sous-préfet de Palaiseau), sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, " de donner une suite aux au sujet de la véracité " de son diplôme et de trouver une date de rendez-vous en urgence afin qu'il puisse proroger son titre de séjour par un récépissé portant la mention " étudiant " qui sera valable jusqu'à la date de remise des diplômes, " qui lui permettra par la suite de prendre un une autorisation provisoire de séjour " ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il a obtenu un rendez-vous au mois d'octobre 2024 mais qu'aucune suite n'a été donnée à la demande de pièces qu'il a pourtant fournies quant à son diplôme, qu'il est maintenu en situation irrégulière et qu'il a perdu ses droits sociaux ;

- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observation en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant camerounais, né le 26 juin 1991, a effectué des démarches en vue du renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 19 septembre 2024. Estimant qu'aucune suite n'a été donnée au rendez-vous qu'il avait obtenu le 21 octobre 2024, il demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne " de donner une suite aux au sujet de la véracité " de son diplôme et de trouver une date de rendez-vous en urgence afin qu'il puisse proroger son titre de séjour par un récépissé portant la mention " étudiant " qui sera valable jusqu'à la date de remise des diplômes, " qui lui permettra par la suite de prendre un une autorisation provisoire de séjour " .

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Il résulte de l'instruction qu'eu égard aux difficultés rencontrées par les ressortissants étrangers pour déposer leur demande de titre de séjour, en l'absence de plages horaires libres pour la prise de rendez-vous sur le site internet de la préfecture, le préfet de l'Essonne a mis en place une nouvelle procédure, à compter du 15 novembre 2021, qui permet aux ressortissants étrangers souhaitant demander leur admission exceptionnelle au séjour de déposer un dossier succinct en créant un compte " démarches simplifiées " sur le site de la préfecture, qui leur propose ensuite un rendez-vous pour déposer l'ensemble de leur dossier, suivant la date de dépôt des demandes.

6. En l'espèce, M. A a déposé son dossier de demande de renouvellement de son titre de séjour et a été reçu à un rendez-vous le 21 octobre 2024, au cours duquel il lui a été demandé de compléter son dossier. Il verse dans la présente instance un courriel en dernier lieu du 26 novembre 2024, par lequel il a envoyé les pièces manquantes. S'il apparaît, ainsi, que la demande de renouvellement de titre de séjour de l'intéressé est complète, à défaut de toute contestation sur ce point par la préfète de l'Essonne, depuis cette date, la durée d'instruction de moins de deux mois à la date de la présente ordonnance qui en résulte n'est pas, à elle seule, de nature à justifier d'une urgence à obtenir un nouveau rendez-vous sans que l'ordre d'examen des demandes formées par d'autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté. Si le requérant se prévaut de ce que ses droits sociaux ont été suspendus, la demande de pièces justificatives qu'il produit émanant de la caisse d'allocations familiales date du 17 septembre 2024 alors que son titre de séjour encore était en cours de validité. Par suite, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées ne peut être regardée comme étant satisfaite.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er r : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 14 janvier 2025.

La juge des référés,

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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