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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410904

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410904

samedi 14 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410904
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé liberté de Mme A, ressortissante turque, qui demandait la délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour et une décision sur sa demande de renouvellement. Le juge a constaté qu’une décision implicite de rejet était née en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, rendant ces demandes sans objet. La requérante est invitée à contester cette décision implicite par la voie du recours pour excès de pouvoir ou du référé suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2024, Mme B A, représenté par Me Millot, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de se prononcer sur sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois sous la même condition d'astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en ce qui concerne l'urgence, elle se trouve en situation irrégulière depuis l'expiration de son récépissé de demande de titre de séjour le 6 novembre 2024 et ne peut justifier de la régularité de son séjour jusqu'à son rendez-vous à la préfecture des Yvelines le 8 janvier 2025, or elle doit se rendre à Istanbul fin décembre 2024 pour des examens universitaires ;

-la situation d'irrégularité dans laquelle elle se trouve porte une atteinte grave et manifestement illégale commise par le préfet des Hauts-de-Seine à l'obligation qui lui incombe de suivi administratif de son dossier, en ne l'informant que le 20 octobre 2024, après la complétude de son dossier et plus d'un an après sa demande initiale, de ce que l'examen de sa demande relevait de la compétence de la préfecture des Yvelines ; en outre alors qu'elle avait rendez-vous le 5 décembre 2024 à la préfecture des Yvelines pour le renouvellement de son récépissé celui-ci ne lui a pas été délivré ; elle porte également une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée, familiale et professionnelle

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Laprésidente du tribunal a désigné M. Jauffret, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".

3. Mme A, ressortissante turque, a demandé le 9 octobre 2023 le renouvellement de son titre de séjour délivré le 18 octobre 2022 pour recherche d'emploi et création d'entreprise expirant le 17 octobre 2023, avec changement pour le statut " vie privée et familiale ". Elle a été munie d'un récépissé de demande de titre de séjour par les services de la sous-préfecture d'Antony le 7 mai 2024 valable jusqu'au 6 novembre 2024, qui n'a pas été renouvelé. Elle demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et de se prononcer sur sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois.

4. Si le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas pris de décision explicite sur la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme A, il résulte de l'instruction que cette dernière a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le site de l'ANEF le 9 octobre 2023. Elle s'est vu délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour le 7 mai 2024, ce qui laisse présumer que son dossier était complet à cette date. Il résulte des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la demande de renouvellement de titre de séjour doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet née au terme du délai de quatre mois suivant cette date. Compte tenu de la naissance d'une telle décision à la date de la présente ordonnance, les conclusions de Mme A tendant à ce que le juge des référés enjoigne au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et statue sur cette demande ne peuvent qu'être rejetées. Il est loisible à la requérante, si elle s'y croit fondée, de contester cette décision implicite de rejet de renouvellement de titre de séjour par la voie de l'excès de pouvoir et du référé suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copies en seront adressées aux préfets des Yvelines et des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 14 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Jauffret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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