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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2411194

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2411194

mardi 24 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2411194
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, saisi en référé suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A B tendant à suspendre l’arrêté du préfet de police refusant le renouvellement de sa carte de résident. Le juge retient que la décision contestée constitue une mesure de police et que, à la date de l’arrêté, la requérante résidait à Paris. En application des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative, le litige relève de la compétence territoriale du tribunal administratif de Paris, et non de celui de Versailles. Par conséquent, la requête est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Berthelot, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet de police a refusé de renouveler sa carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'ordonner au préfet de police de lui délivrer une carte de résident dans le délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé dans un délai de soixante douze heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est présumée ;

- la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision est satisfaite : la décision méconnait les stipulations de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est mariée à un ressortissant français depuis plus de trois ans. Elle a été condamnée à un stage de responsabilité parentale, qui est une mesure éducative, qu'elle a parfaitement respecté. La décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation professionnelle, familiale et privée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 21 décembre 2024 sous le numéro 2411193 par laquelle Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Winkopp-Toch, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1.Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de résident.

2.L'article R. 312-8 du code de justice administrative dispose que " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Paris : ville de Paris ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance. ".

3.La décision de rejet de la demande de renouvellement de la carte de résident, dont il est demandé la suspension de l'exécution, constitue une mesure de police. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de cet arrêté Mme A B résidait à Paris. Il s'ensuit que le présent litige ne relève pas de la compétence du tribunal administratif de Versailles mais de celui de Paris, dans le ressort duquel réside la requérante.

4.Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A B doit être rejetée comme étant portée devant un tribunal territorialement incompétent, en application des dispositions précitées de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Versailles, le 24 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

A. Winkopp-Toch

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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