vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2411418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Saïdi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie dès lors qu'en raison de son handicap, il a besoin d'une prise en charge médicale et sociale adaptée, dont il ne peut bénéficier en l'absence d'un titre de séjour ou à tout le moins d'une autorisation provisoire de séjour ;
- la mesure est utile dans la mesure où l'absence de récépissé est une omission administrative contraire aux règles légales en vigueur et constitue une mesure préjudiciable ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Lellouch, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité marocaine, déclare être entré sur le territoire français le 12 mai 2023. Il a déposé le 6 janvier 2024 une demande de titre de séjour en qualité d'" étranger présent sur le territoire depuis moins d'un an dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale ". Il a été convoqué par la préfecture de l'Essonne à un rendez-vous le 13 février 2024. Le 4 mars 2024, il a sollicité par voie postale son admission exceptionnelle au séjour au titre de la " vie privée et familiale ". Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes, de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
4. Il résulte de l'instruction que M. A a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'" étranger présent sur le territoire depuis moins d'un an dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale " le 6 janvier 2024 et a été convoqué par la préfecture de l'Essonne à un rendez-vous le 13 février 2024. Si M. A reproche à la préfète de l'Essonne de ne pas avoir statué sur sa demande, celle-ci doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète à l'issue d'un délai de quatre mois à compter de la date à laquelle l'intéressé a été admis à la souscrire, en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la demande de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un document le maintenant en situation régulière est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. De même, à supposer que M. A ait été autorisé à solliciter son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale par voie postale en mars 2024, une décision implicite de rejet de sa demande serait née au terme d'un délai de quatre mois en application des mêmes dispositions. La mesure sollicitée ferait ainsi obstacle à l'exécution de cette décision. Par suite, la condition posée à l'article L. 521- 3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, n'est pas remplie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne
Fait à Versailles, le 21 février 2025.
La juge des référés,
signé
J. Lellouch
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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