mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2500595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Pascal, demande au tribunal :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de la décision intervenue implicitement le 25 mai 2023 par laquelle la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et de délivrance d'une carte de résident ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident sur le fondement de l'article L. 424-13 du CESEDA dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer à titre provisoire une carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de l'article L. 424-9 du CESEDA dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) à titre infiniment subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande, qui ne pourra excéder deux mois ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- La condition d'urgence est remplie car il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour et qu'il ne bénéficie que d'attestations de prolongation d'instruction successivement renouvelées ;
- Il existe un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision, qui n'est pas motivée et est entachée d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2025, la préfète de l'Essonne soutient que la requête de M. A est devenue sans objet, car il est en possession d'une attestation valable jusqu'au 16 juillet 2025 lui permettant d'être présent d'une manière régulière sur le territoire et lui permettant d'avoir une activité professionnelle.
Vu :
- la décision dont la suspension est demandée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n°2500520.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Descours-Gatin, juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Descours-Gatin, juge des référés ;
- et les observations de Me Pascal, représentant M. A, qui fait valoir, en réponse au mémoire du préfet, que la condition d'urgence est bien remplie car l'attestation ne remplace pas la carte de séjour, que son employeur lui demande régulièrement des comptes sur sa situation, qu'il bénéficie d'un contrat à durée indéterminée à temps partiel et souhaiterait travailler à temps plein car il est chargé de famille, que la décision de refus est illégale.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 14h29.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). "
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A, dont le dossier de demande de renouvellement du titre de séjour est en cours d'instruction, est en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 16 juillet 2025, justifiant la régularité de son séjour en France et lui permettant d'exercer une activité professionnelle. Il en résulte que la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Par suite, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et aux frais de l'instance.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A au ministre de l'intérieur.
Copie à la préféte de l'Essonne.
Fait à Versailles le 11 février 2025.
La juge des référés,
signé
Mme Descours-Gatin
La greffière,
signé
Mme Paulin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2500595
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