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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2504358

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2504358

vendredi 18 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2504358
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet des Yvelines du 19 mars 2025 suspendant le permis de conduire de Mme A pour cinq mois. La requérante invoquait l'urgence liée à son activité professionnelle de convoyeur automobile, mais le juge a estimé que cette condition n'était pas remplie. Compte tenu de la gravité de l'infraction commise (excès de vitesse de 40 km/h ou plus), les exigences de sécurité routière prévalent sur les intérêts personnels de l'intéressée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2025, Mme B A, représentée par Me Josseaume, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 mars 2025 par laquelle le préfet des Yvelines a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 19 mars 2025, le préfet des Yvelines a prononcé la suspension, pour une durée de cinq mois, du permis de conduire de Mme B A. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.

4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'un arrêté de suspension d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.

5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du préfet des Yvelines du 19 mars 2025 prononçant la suspension de la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois, Mme A soutient que cette décision fait obstacle à l'exercice de son activité professionnelle de convoyeur automobile au sein d'un établissement spécialisé nécessitant des déplacements permanents. Il ressort toutefois des termes de la décision attaquée, que Mme A a commis, le 19 mars 2025 à 07h30 sur la commune de Thoiry, un dépassement de 40km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée (vitesse retenue de 126km/h pour une vitesse autorisée de 80km/h). La situation dans laquelle se trouve Mme A, qui ne conteste pas la réalité de cette infraction, résulte ainsi de son propre comportement. Dans ces conditions, eu égard à la gravité de l'infraction au code de la route commise par l'intéressée, les circonstances invoquées, qui ne sont au surplus pas justifiées, doivent céder devant les exigences de protection de la sécurité routière établies en faveur de l'intérêt général. Par suite, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être considérée comme remplie.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Versailles, le 18 avril 2025.

La juge des référés,

signé

N. Boukheloua

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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