LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2505566

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2505566

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2505566
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantDUBREUX

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles annule l'arrêté du 9 avril 2025 par lequel la préfète de l'Essonne a refusé un titre de séjour à M. A..., ressortissant ivoirien, et l'a obligé à quitter le territoire. Le juge retient une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de l'arrivée en France à 16 ans, de la présence régulière de sa mère et de ses sœurs, de sa scolarité sérieuse jusqu'en terminale et de l'imminence de ses épreuves du baccalauréat. La décision annule par voie de conséquence l'obligation de quitter le territoire français, le délai de départ volontaire et la fixation du pays de destination. Le tribunal s'est fondé sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et les articles L. 435-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mai 2025, M. B... C... A..., représenté par Me Dubreux, demande au tribunal :


1°) d’annuler l’arrêté du 9 avril 2025 par lequel la préfète de l’Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d’enjoindre à la préfète ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter du jugement à intervenir, et de lui délivrer dans le délai de quinze jours une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

Sur la décision de refus de délivrance d’un titre de séjour :
- la préfète n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision méconnait l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur l’obligation de quitter le territoire français :
- la décision sera annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision de refus de délivrance d’un titre de séjour ;
- elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Sur la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :
- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’une erreur de droit, le préfet ayant méconnu l’étendue de sa compétence en se croyant lié par le délai de trente jours fixé par l’article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Sur la décision fixant le pays de destination :
- cette décision sera annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.


La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne, qui n’a produit aucune observation.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gibelin, rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

M. B... C... A..., ressortissant ivoirien né le 30 décembre 2005, entré en France le 15 décembre 2021 selon ses déclarations, qui disposait d’un document de circulation pour étranger mineur valable du 13 mai 2023 au 29 décembre 2024, a présenté le 22 janvier 2025 une demande d’admission au séjour sur le fondement des articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 avril 2025, la préfète de l’Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. L’intéressé demande au tribunal d’annuler cet arrêté.


Sur les conclusions aux fins d’annulation :

Il ressort des pièces du dossier que M. A... justifie depuis janvier 2022, soit depuis l’âge de seize ans, d’une résidence en France, où il vit chez sa mère titulaire d’une carte de résident depuis au moins 2014 et bénéficiant à la date de la décision en litige d’une telle carte valable jusqu’en 2034, avec trois demi-sœurs, dont une mineure, résidant régulièrement sur le territoire français. Il a été scolarisé, au cours de l’année scolaire 2022-2023, en classe de 2nde générale et technologique au lycée Georges Brassens, puis l’année suivante en 1re générale et au titre de l’année 2024-2025 en terminale générale au sein du même établissement. M. A... produit, en outre, des attestations particulièrement élogieuses de ses professeurs et du président de l’association sportive au sein de laquelle il est bénévole, ainsi que des bulletins de notes qui, s’ils relèvent certaines difficultés à l’écrit et des absences injustifiées, soulignent son sérieux et sa volonté de réussir. Enfin, il ressort des pièces produites que M. A... était à la date de la décision inscrit pour passer les épreuves du baccalauréat général à la fin de l’année scolaire 2024-2025, et qu’il bénéficie dans le cadre de « parcoursup » d’une réponse positive à son vœu d’admission à l’IUT Grand Ouest Normandie en BUT « Science des données ». Par suite, dans les circonstances particulières de l’espèce, eu égard à son âge lors de son arrivée en France, à sa situation familiale, à l’imminence des épreuves du baccalauréat à la date de la décision attaquée et à son insertion dans la société française, manifestée en particulier par le suivi sérieux de son parcours scolaire, M. A... est fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la mesure attaquée sur sa situation personnelle.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de la décision du 9 avril 2025 par laquelle la préfète a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, celle des décisions l’obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination contenues dans le même arrêté.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ».



Eu égard au motif d’annulation de la décision attaquée retenu par le présent jugement, l’exécution de celui-ci implique nécessairement la délivrance à M. A... d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». Par suite, il y lieu d’enjoindre à la préfète de l’Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de lui délivrer, sauf changement de circonstance de droit ou de fait qui y ferait obstacle, un tel titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sans qu’il y ait lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.


Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. A... d’une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :



Article 1er : L’arrêté du 9 avril 2025 de la préfète de l’Essonne est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l’Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. A..., sauf changement de circonstance de droit ou de fait qui y ferait obstacle, un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail.


Article 3 : L’Etat versera la somme de 1 000 (mille) euros à M. A... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.



Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C... A... et à la préfète de l’Essonne.


Délibéré après l'audience du 6 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2025.

Le rapporteur,

signé

F. GibelinLa présidente,

signé

J. Lellouch
La greffière,

signé

A. Gateau


La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions