lundi 16 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2505804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | URICH POSTIC |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2510638 du 20 mai 2025, le magistrat délégué du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de M. A au tribunal administratif de Versailles.
Par cette requête, enregistrée le 17 avril 2025, M. C A demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 15 avril 2025 n° 7504353534 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination ainsi que l'arrêté du même jour portant le même numéro par lequel le même préfet a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois ;
- d'enjoindre au préfet de police de Paris de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jours de retard à compter de la notification du présent jugement ;
- d'enjoindre audit préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'une semaine ;
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.000 euros au titre des frais d'instance.
Il soutient que :
la décision portant obligation de quitter le territoire français est :
- prise par une autorité incompétente
- dépourvue de motivation ;
-entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il ne trouble pas l'ordre public ;
la décision portant décision refusant un délai de départ volontaire est :
- prise par une autorité incompétente
- dépourvue de motivation ;
- entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il ne trouble pas l'ordre public ;
la décision refusant un délai pour l'éloignement volontaire est
- prise par une autorité incompétente
- dépourvue de motivation ;
- entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il ne trouble pas l'ordre public ;
la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est
- prise par une autorité incompétente
- est dépourvue de motivation ;
entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 6 juin 2025, le préfet de police de Paris, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier et notamment la demande d'avocat et d'interprète de M. A. A en langue maghrébine.
Vu les autres pièces du dossier et notamment la demande d'avocat et d'interprète de M. A en langue maghrébine.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 31 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 juin 2025 tenue en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme Gosselin,
- les observations de Me Urich Postic, avocat de permanence, substituant Me Da Costa, représentant M. A qui reprend les conclusions du requérant et insiste sur l'incompétence du signataire de l'acte et le défaut d'audition du requérant, celle produite au dossier étant particulièrement sommaire et décontextualisée,
- les observations de Me Capuano substituant Me Termeau qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A est un ressortissant de nationalité algérienne, né le 19 mars 1994 à Souk Ahras (Algérie). Il serait entré en France entre 2022 et 2023, selon ses déclarations aux forces de l'ordre le 14 avril 2025 lors de son interpellation. Considérant qu'il présente une menace de trouble à l'ordre public après sa condamnation et son incarcération pour vol avec violence prononcé par le tribunal correctionnel de Paris, le préfet de police de Paris a pris le 15 avril 2025 un arrêté prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai et, le même jour un arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés par la présente requête.
S'agissant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2025-00138 du 31 janvier 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de police de Paris a donné délégation à Mme B, signataire de la décision attaquée, pour signer tous actes, arrêtés et décisions, nécessaires à l'exercice des missions de la direction de la police générale, dans lesquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision, après avoir indiqué l'état civil du requérant, rappelle sa situation tant familiale, professionnelle qu'administrative en soulignant que l'intéressé est connu pour vol avec violence dans un moyen de transport collectif de voyageurs. Dès lors, le préfet a suffisamment motivé son arrêté et le moyen manque en droit et en fait.
4. En troisième lieu, et pour les motifs rappelés au point précédent, le préfet s'est livré à un examen individuel de la situation de M. A.
5. En quatrième lieu, M. A se prévaut des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui prévoient que : " 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui"..
6. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement en France, est célibataire et sans charge de famille.. Par ailleurs, il a fait l'objet d'une arrestation et d'une incarcération pour vol avec violence. Par suite, non seulement la décision attaquée ne porte aucune atteinte à la vie privée et familiale de l'intéressé mais constitue en outre une mesure nécessaire à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales et à la protection des droits et libertés d'autrui.
7. Aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
8. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
9. En l'espèce, M. A se borne à soutenir que le préfet de police de Paris n'a pas respecté son droit d'être entendu, sans faire valoir qu'il aurait disposé d'informations pertinentes, tenant notamment à sa situation personnelle, qui, si elles avaient pu être portées, à temps, à la connaissance de l'administration, auraient été de nature à influencer le contenu de la décision prise à son encontre. Au surplus, il a bien fait l'objet d'une audition devant les forces de l'ordre le 15 avril 2025, avec l'assistance d'un avocat et d'un interprète. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, en particulier du droit d'être entendu au préalable, doit, en tout état de cause, être écarté.
Sur la légalité de la décision refusant un délai pour l'éloignement volontaire :
10. Pour les motifs rappelés ci-dessus, la décision attaquée, qui est prise par une autorité compétente, est suffisamment motivée, a fait l'objet d'un examen individuel de la situation du requérant et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
11. Pour les motifs rappelés ci-dessus, la décision attaquée, qui est prise par une autorité compétente, est suffisamment motivée, a fait l'objet d'un examen individuel de la situation du requérant et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Par ailleurs, si M. A invoque les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui précise que " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ", il ne fournit aucune précision de nature à mettre le magistrat en mesure d'apprécier le bien-fondé de ce moyen. Au demeurant, le requérant ne soutient ni n'allègue avoir déposé une demande d'asile devant l'office français de protection des réfugiés et apatrides.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. Pour les motifs rappelés ci-dessus, la décision attaquée, qui est prise par une autorité compétente, est suffisamment motivée, a fait l'objet d'un examen individuel de la situation du requérant et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée n'est entachée d'aucune illégalité et que, par conséquent, la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police de Paris.
Rendu disponible au greffe le 16 juin 2025.
Le magistrat désigné,
signé
C. Gosselin Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026