mercredi 11 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2505904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROUVET ORUE CARRERAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2025, M. A B, représenté par Me Rouvet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne ou à tout préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de le munir dans l'attente de ce réexamen d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État, en cas d'admission définitive au bénéfice de l'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser cette même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée compte tenu de la durée anormalement longue pendant laquelle son dossier est en cours d'instruction et dès lors que l'autorisation provisoire dont il est titulaire l'empêche de trouver un emploi stable et de passer son permis de conduire ; sa situation psychologique s'est considérablement dégradée en raison de la précarité de sa situation administrative, ainsi qu'en atteste son éducatrice ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée : elle est entachée de l'incompétence de son signataire, elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen ; elle méconnaît l'article L. 423-15 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit toutes les conditions pour l'obtenir ; elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2025, la préfète de l'Essonne conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.
Elle fait valoir que :
- la demande de M. B est toujours en cours d'instruction et qu'il est en possession d'un récépissé valable du 28 avril au 27 juillet 2025 ; plusieurs élément ralentissent l'instruction comme l'incohérence sur une lettre de son prénom et l'attente de son casier judiciaire ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 mai 2025 sous le numéro 2505903 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-634 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Lellouch, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 5 juin 2025 à 15 heures en présence de Mme Laforge, greffière d'audience, ont été entendus ;
- le rapport de Mme Lellouch,
- les observations de Me Rouvet, qui répond aux éléments avancés en défense en faisant valoir que depuis trois ans, il ne lui a jamais été demandé de produire un quelconque document complémentaire afin de justifier de son identité, laquelle a déjà été examinée à plusieurs reprises dans le cadre de l'instruction de sa demande de visa de long séjour au titre du regroupement familial et de sa demande de document de circulation et qu'il justifie que son casier judiciaire est vierge ; Me Rouvet insiste en particulier sur l'urgence en faisant valoir les conséquences sur la situation professionnelle et sur l'état de santé de M. B du délai anormalement long d'instruction et sur les moyens tirés de l'insuffisante motivation et de la méconnaissance de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité malienne né le 24 novembre 2023, est entré en France en 2015 sous couvert d'un visa qui lui a été délivré au titre du regroupement familial. Il a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement du L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile en qualité de jeune majeur sur la plateforme " démarches simplifiées " le 27 juin 2022 et a bénéficié de plusieurs récépissés dont le dernier valable jusqu'au 27 juillet 2025. M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet de cette demande.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. En l'absence de délivrance du titre de séjour sollicité par M. B, la poursuite de l'instruction de son dossier et la délivrance à l'intéressé d'un récépissé ne privent pas d'objet sa demande de suspension de la décision implicite de refus de délivrance de ce titre. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète de l'Essonne ne peut être accueillie.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il résulte de l'instruction que M. B, entré en France le 23 février 2016 dans le cadre du regroupement familial afin de rejoindre son père titulaire d'une carte de résident de longue durée, a été scolarisé en France jusqu'à l'obtention de son baccalauréat professionnel spécialité " maintenance des équipements industriels " en juillet 2022. Il a également bénéficié jusqu'à sa majorité d'un document de circulation pour étranger mineur. Les éléments produits à l'appui de la requête, et notamment l'attestation de l'éducatrice qui l'accompagne, témoignent de ce qu'en dépit des récépissés qui lui ont été accordés pour des courtes durées de trois mois, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour le place dans une situation administrative précaire faisant obstacle à une insertion professionnelle stable et impacte son état de santé. Dans les circonstances particulières de l'espèce, et eu égard au délai anormalement long d'instruction de sa demande, la décision attaquée préjudicie de manière suffisamment grave à sa situation pour que la condition d'urgence puisse être regardée comme étant remplie.
En ce qui concerne les moyens de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré du défaut de motivation et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Les deux conditions requises par l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant remplies, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'exécution de la présente ordonnance qui prononce la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile implique nécessairement un réexamen de cette demande. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il n'y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. En revanche, M. B étant déjà titulaire d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'au 27 juillet 2025, les conclusions aux fins de d'injonction de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sont dépourvues d'objet et doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais d'instance, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Rouvet, avocate du requérant, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. B, et sous réserve alors que Me Rouvet renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de M. B, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé..
O R D O N N E :
Article 1er :L'exécution de la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté la demande de titre de séjour de M. B est suspendue.
Article 2 :Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la demande de titre de séjour de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Article 3 :L'Etat versera à M. B, la somme de 800 (huit cents) euros au titre des frais d'instance dans les conditions mentionnées au point 9..
Article 4 :Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 11 juin 2025.
La juge des référés,
signé
J. Lellouch La greffière,
signé
C. Laforge
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026