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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2505990

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2505990

mardi 15 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2505990
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé mesures utiles (art. L. 521-3 du code de justice administrative) présentée par Mme B D pour son fils, bénéficiaire de la protection subsidiaire, qui demandait la délivrance d’un titre de voyage. Le juge a d’abord jugé irrecevables les conclusions à fin d’annulation de la décision implicite de rejet du préfet des Yvelines, le référé ne pouvant statuer que sur des mesures provisoires. Ensuite, il a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, l’absence de projet de voyage concret ne justifiant pas un préjudice grave et immédiat. Enfin, il a relevé que le traitement du dossier relevait de la compétence de l’administration centrale et non des services préfectoraux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2025, Mme C B D, agissant pour le compte de son enfant mineur M. E B A, représentée par Me Wone, demande au juge des référés :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de voyage ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de voyage en tant que bénéficiaire de la protection subsidiaire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de document de voyage, par ses conséquences sur sa vie privée et sa liberté de circulation, cause des préjudices à son fils ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle ne parvient pas à obtenir de document de voyage pour son fils, E B A qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire le 5 novembre 2018 ; qu'elle a sollicité pour son fils la délivrance d'un titre de voyage qui a été clôturé en raison d'une défaillance technique de l'ANEF ; qu'elle a reformulé cette demande le 5 avril 2023, demande restée sans réponse ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2025, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B D, mère de M. E B A, ressortissant gabonais, né le 28 mars 2018, demande au juge des référés du tribunal administratif, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a rejeté la demande de titre de voyage formulée au bénéfice de son fils et d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer, sans délai, un titre de voyage en tant que bénéficiaire de la protection subsidiaire.

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. D'une part, il résulte de ce qui précède que M. B A ne peut demander au juge des référés " mesures utiles ", qui ne peut statuer que sur des mesures ayant un caractère conservatoire ou provisoire, d'annuler la décision par laquelle le préfet des Yvelines a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'un titre de voyage. Ses conclusions à fin d'annulation sont par suite irrecevables sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. D'autre part, s'il est établi que la demande de titre de voyage de M. B A est en cours de traitement depuis plusieurs mois, cette durée, bien qu'importante, n'est pas à elle seule de nature à justifier d'une urgence à obtenir un titre de voyage, d'autant que l'intéressé ne se prévaut d'aucun projet de voyage particulier. Par suite, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées n'est pas satisfaite.

5. Au demeurant, il ressort des écritures en défense que le déblocage du dossier de M. B A ressort de la compétence des services de la Direction générale des étrangers en France et non des services préfectoraux du département des Yvelines.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B D agissant pour le compte de son fils M. B A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B D et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 15 juillet 2025.

La juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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