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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2506866

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2506866

mardi 17 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2506866
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui demandait d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer pour le renouvellement de son titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, le requérant se bornant à évoquer une situation de précarité sans démontrer la nécessité d'une intervention dans les 48 heures. En conséquence, la demande de mesures provisoires a été rejetée, bien que l'aide juridictionnelle provisoire ait été accordée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juin 2025, M. B A, représenté par Me Simon, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer dans un délai de 48 heures afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et que lui soit délivré un récépissé avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation par celle-ci de la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'urgence de sa situation est avérée dès lors qu'il se trouve dans une situation précaire puisque son employeur a été contraint de le suspendre depuis le 9 mai 2025 ;

- sa liberté professionnelle et son droit au travail ont été méconnus comme également son droit de mener une vie privée et familiale et sa liberté d'aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 19 avril 1978, est entré sur le territoire français en 2016, selon ses déclarations. Il a été titulaire d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable du 9 mai 2024 au 8 mai 2025 dont il a sollicité le renouvellement le 24 février 2025, sans réponse à ce jour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer dans un délai de 48 heures afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et que lui soit délivré un récépissé avec autorisation de travail.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. [0]L'article 20 de la loi précédemment visée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.

4. Il résulte de l'instruction qu'en se bornant à faire état de la situation de précarité dans laquelle il se trouve en raison de la suspension de son contrat de travail à compter du 9 mai 2025, M A n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ainsi, par suite, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M.Bu A.

Copie sera adressée à la préfète des Yvelines.

Fait à Versailles, le 17 juin 2025.

Le juge des référés,

signé

P. Fraisseix

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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