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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2506949

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2506949

mardi 15 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2506949
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNGUIYAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Yvelines de convoquer Mme A, ressortissante camerounaise, à un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour "Recherche d'emploi / Création d'entreprise". Le juge a reconnu l'urgence et l'utilité de la mesure, en raison de l'impossibilité pour l'intéressée d'obtenir un rendez-vous en ligne, malgré ses tentatives. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et fixe un délai d'un mois pour l'exécution de l'injonction, sans astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juin 2025 et le 7 juillet 2025, Mme B A, représentée par Me Nguiyan, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un rendez-vous en vue du dépôt de son dossier de demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut rechercher un emploi, ni justifier de la régularité de son séjour ;

- la mesure sollicité est utile dès lors qu'elle lui permettra d'obtenir un rendez-vous ;

- la mesure sollicité ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2025, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante camerounaise, née le 21 janvier 2011, était titulaire d'une carte de séjour temporaire mention " étudiant " valable jusqu'au 13 novembre 2024. Elle demande au juge des référés d'enjoindre au préfet des Yvelines, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un rendez-vous en vue du dépôt de son dossier de demande de titre de séjour " Recherche d'emploi Création d'entreprise ", sous astreinte de 150 euros par jour de retard

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Il résulte de l'instruction que Mme A ayant achevé ses études, elle a souhaité déposer une demande de titre de séjour " Recherche d'emploi Création d'entreprise " mais qu'elle n'a pas réussi à obtenir de rendez-vous comme en témoignent les nombreuses captures d'écran faisant état de l'absence de créneaux disponibles. Si le préfet des Yvelines indique en défense qu'il appartenait à la requérante d'adresser sa demande par voie postale, il ressort au contraire des pièces produites qu'une première demande de titre de séjour " Recherche d'emploi Création d'entreprise " doit être déposée en sous-préfecture uniquement sur rendez-vous et que les envois de dossiers par voie postale ne concernent que les demande de renouvellement des titres de séjour " Recherche d'emploi Création d'entreprise ". Dans ces conditions, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par Mme A doit être regardée comme remplie, de même que la condition d'utilité de la mesure sollicitée, laquelle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Yvelines de convoquer Mme A à un rendez-vous en préfecture, afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour. Il y a lieu de prescrire l'exécution de cette mesure dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Yvelines de convoquer Mme A à un rendez-vous afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur.

Fait à Versailles, le 15 juillet 2025.

La juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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