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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2507220

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2507220

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2507220
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A... visant à faire cesser les dysfonctionnements du service public de délivrance des titres de séjour, jugeant que de telles mesures réglementaires ne relèvent pas de ce référé subsidiaire. En revanche, la requérante ayant obtenu un rendez-vous en préfecture après l'introduction de son recours, les conclusions tendant à une injonction de fixation d'un rendez-vous sont devenues sans objet. La demande de frais de justice a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2025, Mme B... A..., représentée par Me Normier, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de prendre toutes mesures utiles afin de faire cesser l’impossibilité d’accès au dispositif unique dématérialisé de demande de renouvellement de son titre de séjour, la rupture de la continuité du service public ainsi que les atteintes portées à ses droits élémentaires ;

2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est satisfaite ;
- la mesure est utile pour pallier les importants dysfonctionnements de la préfecture ;
- elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2025, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.

Il fait valoir qu’il a convoqué Mme A... le 10 juillet 2025 afin qu’elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Doré, vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., ressortissante ivoirienne, née le 8 octobre 1981, a été titulaire d’une carte de résident, expirant le 24 mars 2025. Mme A... expose en avoir sollicité, en vain, le renouvellement. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de prendre toutes mesures utiles afin de faire cesser l’impossibilité d’accès au dispositif unique dématérialisé de demande de renouvellement de son titre de séjour, la rupture de la continuité du service public ainsi que les atteintes portées à ses droits élémentaires et d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

En premier lieu, si le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d’injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, une demande tendant à prendre des mesures réglementaires, y compris d’organisation des services placés sous son autorité, n’est pas au nombre de celles qui peuvent être présentées au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, eu égard à l’objet de ces dispositions et aux pouvoirs que le juge des référés tient des articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Il s’ensuit que les conclusions de Mme A... tendant à ordonner au préfet des Yvelines de faire cesser l’inégal accès à la préfecture pour déposer une demande de titre de séjour et la rupture de continuité du service public ne peuvent qu’être rejetées.


En second lieu, il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet des Yvelines a convoqué la requérante à un rendez-vous le 10 juillet 2025 à 10 heures afin qu’elle puisse déposer sa demande de renouvellement titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet des Yvelines d’accorder un rendez-vous à la requérante afin qu’elle puisse déposer sa demande de renouvellement titre de séjour sont devenues sans objet. Il n’y a donc pas lieu d’y statuer.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme demandée sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet des Yvelines d’accorder un rendez-vous à Mme A....

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., au ministre de l’intérieur et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 27 novembre 2025.


Le juge des référés,

signé

F. Doré

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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